« Nostromo de Joseph Conrad | Page d'accueil | Fayard, l'éditeur le plus radin de France »
21/01/2009
La connerie de Philippe Sollers se porte bien

Le roi Sollers et ses bouffons dans la Zone
Le roi :
La Main de Dante n'est pas celle de Sollers.
Robinson ou les limbes de la littérature.
Philippe Sollers, le doge de la bêtise.
L'anodine comédie de Philippe Sollers : sur Un vrai roman.
Le directeur de L'Infini a disparu !, par Jacques Géraud.Le Savant :
Le miroir de pensée de Gérard Guest au rétroviseur d'Alexandre Gambler.
Lettre de Jean-Yves Tartrais à Gérard Guest.Les bouffons :
Nihilisme et littérature : au-delà de la ligne de risque + Entretien avec le magazine Citron.
Le bonheur dans le crime ou portrait d'une diabolique : Josyane Savigneau.
De la masturbation considérée comme un des beaux-arts de François Meyronnis, 4 (avec les liens vers les trois premiers textes).
Prélude à la délivrance de Meyronnis et Haenel.
Jan Karski de Yannick Haenel ou le faux témoignage (extrait d'une critique parue dans Valeurs actuelles n°3803, 15 octobre 2009).
Bons baisers de Pologne, Yannick Haenel.
Brève attaque du vif de François Meyronnis.
L'avenir de la littérature de Frédéric Badré.Philippe Sollers, celui que j'ai appelé le meilleur de nos plus mauvais écrivains, a très récemment eu la bonté de répondre à mon unique question posée par le biais du chat du Monde qui, une fois de plus, a servi la soupe de ce bouffon rempli d'air dans une cuiller en argent que Josyane Savigneau, durant des années, a approchée délicatement des lèvres du vieillard ridicule. «Ne serait-il pas temps, ai-je donc demandé au doge de la bêtise et, apparemment, à mesure que, cruelles, les années passent sans que la relève puisse être garantie sinon par Meyronnis et Haenel, du gâtisme avancé, ne serait-il pas temps que vous vous décidiez à écrire un bon livre, ne serait-ce qu'un seul bon livre, puisque vous n'avez rien écrit de tel depuis, au moins, Le Parc ?»
Réponse, superbe, de l'intéressé : «Je vais y penser sérieusement».
Il serait temps, en effet, que Philippe Sollers, qui se décrit naturellement, avec l'insipide Le Clézio et Patrick Modiano paraît-il unanimement célébré, comme l'un des trois meilleurs écrivains français vivants, ce qu'il n'est bien évidemment pas, se décide non seulement «à penser sérieusement», mais aussi à écrire, enfin, un bon, tout du moins un livre passable.
Mais je suppose que demander cela à Philippe Sollers, pareil effort surhumain, au moment où, comme un Goethe privé de talent et d'intelligence (et surtout de livres véritables), notre plus fameux cacographe peut légitimement considérer le chemin parcouru depuis qu'il fréquentait le génial Jean-René Huguenin qui eut raison de le mépriser et de le déclarer stérile quoique prolifique et rusé, ce serait exiger de Philippe Meyronnis, sans doute, une pensée honnête et un livre qui ne fasse point hurler les ânes de rire, de Yannick Haenel un ouvrage ne trouvant pas sa ridicule inspiration, réelle ou phantasmée par notre plus virginal bas-bleu, dans les bluettes sirupo-mystiques d'Alina Reyes, ce serait enfin demander à Philippe Sollers de vivre alors qu'il est, tout simplement, mort depuis des lustres et que personne, par convenance ou respect dû aux vieillards séniles, n'a voulu débrancher son appareil respiratoire.
Commentaires
Cher Juan, j'ai de plus en plus l'impression que les plus grands sont aussi les plus humbles. Il suffit, pour s'en convaincre, de lire les bouleversantes confessions de Bernanos, de Faulkner, de Steinbeck, de Bernhard ou, plus proche de nous - dans le temps du moins - des extraordinaires Imre Kertesz ou McCarthy, de ceux qui, finalement, ne se sont jamais pris pour des auteurs, mais avant tout comme des artisans vigilants et patients. Pour enfin faire un bon livre, il serait certainement temps pour Sollers de s'isoler des salons et de se recueillir comme un Petrarque de pacotille en pays d'Avignon. Ce qui me semble vraiment au-dessus de ses forces mentales - ne parlons pas de celles de son corps de mandarin bouffi...
Écrit par : Julian Flaceliere | 21/01/2009
Définition épitaphe pour "Sollers" : praticien bourratif du déclin des Lettres françaises.
Écrit par : Serge Rivron | 21/01/2009
Bonjour,
je ne comprends pas votre billet : Sollers répond avec humour à votre question volontairement provocante. Eussiez-vous voulu qu'il s'en offensât ?
Pour ma part, qui ne goûte pourtant ni les romans ni les essais de cet auteur, j'ai trouvé cette interview admirable : il refuse les réponses convenues, l'appartenance à une classe (intellectuels, écrivains en place), se moque de lui-même et de son éditeur (les trois meilleurs écrivains dont lui sont "bien évidemment" chez Gallimard : qui peut prendre ça au premier degré), ne sombre pas dans le décadentisme de bon aloi (il aime son époque malgré sa bêtise, c'est d'une honnêteté rare), prend les internautes à rebrousse-poil (question "stupide", à la suivante !).
C'est tout à fait roboratif, lui en vouloir parce qu'il n'a pas dit ce que vous auriez dit est un manque de fair-play certain (il n'est pas vous et inversement...). Je trouve dommage de railler ce qui pour une fois secoue la langue de bois.
Écrit par : Bardamu | 21/01/2009
Bardamu, l'entretien de Sollers est 1) nul, 2) prétentieux, 3) de mauvaise foi, 4) affligeant, 5) inepte et, contrairement à ce que vous affirmez, parfaitement convenu.
Sollers, depuis des années, n'est rien de plus que l'un des plus habiles manieurs de la langue de bois : il ne dit rien, il n'invente rien, il n'écrit plus rien d'intéressant et ne fait plus que ressasser ses vieilles lunes.
Si vous ne l'avez pas encore compris, je ne puis strictement rien pour vous...
Voyez-vous, j'ai lu à peu près tout ce que Sollers a publié, sauf son petit dernier et, ma foi, je crois être passé par tous les stades quant à mes réactions de lecteur. Je n'en suis pas encore à l'indifférence, puisque ce triste sire est puissant, donc nuisible. Mon stade actuel : le dégoût et la colère face à cet imposteur.
Écrit par : Stalker | 21/01/2009
Je précise tout de suite que ce n'est pas moi qui ai posé la question sur Obama! ^^^^
Je note que Sollers se met au chat... Une chinoiserie de plus?
D'accord avec Bardamu sur l'ironie du "je vais y penser sérieusement" et de l'ensemble des réponses, d'ailleurs...
Deux convergences entre lui et vous, Juan:
1- Quels sont les livres à ne pas lire? :" Pratiquement tout de la production contemporaine." Hyperbole ironique du "pratiquement tout". Evidemment, lui et vous divergez sur les exceptions qui confirment la règle. Notez qu'implicitement, il s'inclut dans ce "pratiquement tout". Humilité de celui qui croit que l'avenir jugera? Foi de rester vivant quand il sera mort et que d'autres écriront alors pour lui?
2- "J'écris pour les immortels [...] c'est-à-dire pour les morts. Ils sont beaucoup plus vivants que les vivants." Cette phrase pourrait être la votre. Au nom de quoi dénier sa légitimité dans la bouche de Sollers?
Encore une fois, je suis persuadée que la vie littéraire parisienne, avec toutes ses compromissions et turpitudes, a généré des malentendus ( des maux entendus) entre vous et l'œuvre de cet auteur, que les masques du Sollers font écran au Joyaux ( là, le nom de plume, c'est plus que compliqué, dans quelle mesure le pseudonyme n'a pas été un piège, dans quelle mesure la reconnaissance précoce de deux pères tutélaires antagonistes, Mauriac/ Aragon a été déterminante?), comme je l'ai déjà dit dans de précédents commentaires. (Pareil pour Serge Rivron)
PS: Et ne me balancez pas vos coups de boule habituels dès qu'on parle de Sollers, vous vous êtes calmé sur d'autres blogs, j'espère que vous ferez de même chez vous.
Écrit par : Elisabeth Bart | 21/01/2009
Bardamu, Sollers pense vraiment qu'il est le plus grand scribouilleur franchouillard vivant, n'en doutez pas. Si Philip Roth le dit... D'ormesson a au moins la grandeur de dire que son oeuvre n'est qu'une tentative bien fade de copier maladroitement Chateaubriand. On ne l'a jamais entendu dire qu'il avait grand talent. En somme, il est lucide ; Sollers ferait bien de s'en inspirer.
Écrit par : Julian Flaceliere | 21/01/2009
Elisabeth, je vous laisse à vos piètres lectures sollersiennes, ayant, je vous le rappelle, plusieurs fois dit ce que je pensais de cet écrivain, y compris à vous-même, publiquement ou en privé.
Ce n'est certainement pas la bêtise du rapprochement ridicule que vous opérez qui me fera changer d'avis...
Il n'y a aucune convergence entre lui et moi, aucune, comme il n'y en avait absolument aucune entre Guest et moi : que vous aimiez ce que Sollers et sa petite bande d'impuissants écrivent, ma foi, c'est votre droit le plus strict mais, de grâce, je vous en supplie, évitez de me mettre dans le même bocal que cet agité de chinoiseries qui lui auront au moins permis de gagner quelques places dans les cénacles littéraires et absolument aucune je l'espère pour les années à venir...
Nous aurions donc la même conception de ce qui vaut la peine, aujourd'hui, d'être lu ? Ah bon ? Meyronnis et Haenel, c'est bien cela ?
Vous me parlez d'humilité de Sollers : c'est à mourir de rire ou alors c'est que le vieux podagre vous a envoûtée ma chère !
Je n'ai jamais vu, dans ses livres, la moindre trace d'ironie, encore moins d'humour sur lui-même.
Et quand bien même, je m'en fous de l'humour, de l'ironie, des petits jeux de langage, des lapalissades de Sollers et, une fois de plus, de ses protégés puants le parisianisme et le heideggérisme de salon.
Quand donc allez-vous comprendre que je veux une littérature de combat, fût-elle moins savante que toutes les bluettes réunies de ce vieux faune, une littérature de combat, et certainement pas des petits jeux branlatoires pour andropausés lecteurs des pages littéraires du Monde, s'il en reste ?
Écrit par : Stalker | 21/01/2009
L'intervention de Juan Asensio se faisait attendre, ça devenait inquiétant... et il est réapparu, enfin!mardi durant le chat avec le Grand Sollers.Petite question ridicule (3 petits points qui suivent son pseudo afin de mettre en scène son intervention, celui à qui on ne la fait pas...) .A mourir de rire.
Donc de plus en plus nerveux le garçon, or Sollers n'a pas fini d'écrire et de publier... on peut s'inquiéter pour notre hôte...
Écrit par : Denis Lair | 21/01/2009
Et voilà...! Les coups de boules! J'en étais sûre!
Bon, nous avons droit au Stalker en colère des grands jours!
Juan, vous m'avez mal lue, j'ai écrit : " Vous DIVERGEZ sur les exceptions qui confirment la règle." Je n'ai aucunement écrit que Sollers et vous aviez la même conception de ce qui doit être lu mais que vous étiez d'accord sur le fait que "pratiquement tout" de la littérature contemporaine ne vaut rien. Je ne vous mets absolument pas dans le même bocal germanopratin, quoique... il y a plusieurs bocaux dans ce sacro-saint périmètre, pas vrai? Là, c'est votre mauvaise foi qui est à mourir de rire. Vous savez très bien tout le mal que je pense des deux derniers livres de Haenel, "A mon seul désir" et "Cercles". Je maintiens que "L'axe du néant" de Meyronnis mérite lecture et que "L'Etre et le Divin" de Bernard Sichère , publié dans l'Infini, est un livre magnifique qui tente de penser, entre autres, le retrait de Heidegger par rapport au christianisme ainsi que la pensée du "dernier dieu". Sur Heidegger, Sichère et Guest divergent, d'ailleurs, et moi j'essaie seulement de comprendre ce qu'ils disent. Notez qu'avec ces deux derniers on est dans la philosophie et plus dans la littérature.
Vous savez parfaitement quels sont les grands que j'admire par dessus tout, que j'ai lu Bernanos bien avant de lire Sollers, que je lui suis fidèle comme je reste fidèle à votre Ciel des fixes où vous m'avez fait découvrir plusieurs lumineuses étoiles.
La violence du combat chez Bloy comme chez Bernanos, s'exerce contre les "médiocres", les esprits petits-bourgeois, les hommes creux. Dominique de Roux écrit dans "L'ouverture de la chasse" que l'écriture de Sollers "est une écriture essentiellement bourgeoise, maudite par les entrailles de sa mère. A ne jamais pouvoir dépasser cette condition d'écriture bourgeoise, et, comme telle, PRISE DANS LA MASSE, elle n'est faite que pour survivre à Parme dans les salons ambigus et les violettes fanées de l'inutilité rêveuse." Cette critique s'exerçait sur les romans expérimentaux de Sollers (H, Nombres etc...) Qu'aurait écrit Dominique de Roux sur l'œuvre à partir de "Femmes"? Que c'est une écriture bourgeoise, peut-être, inutile, pas sûr, mais certainement pas petite-bourgeoise, pas "médiocre".
Aïe! Je crois que là, on va passer des coups de boules au tir du FR2-FR!
Écrit par : Elisabeth Bart | 21/01/2009
Denis Lair, dépêchez-vous vite d'aller lire les oeuvres complètes de Sollers plutôt que de nous laisser votre habituelle crotte déjà sèche quelques secondes après l'avoir déposée.
Elisabeth, franchement pas besoin de connaître par coeur De Roux pour supposer ce qu'il aurait pensé de la baudruche sonore qu'est devenue Sollers. il est évident qu'il se serait tenu du côté d'Huguenin contre le Doge : pas médiocre ce dernier, vous en êtes bien certaine ? Pas petit-bourgeois ? Ah bon ? TOUT ce que je lis de Sollers, son comportement quand je le vois à la télévision (le plus rarement possible), tout cela entre pourtant dans ces deux petites catégories que vous me permettrez, ici, de confondre : bavardage à n'en plus finir, généralités pseudo-culturelles sur tout en adoptant une mine de sphinx qui aurait percé le dernier secret de l'univers, fausse volonté de choquer le bourgeois alors que l'on a tout fait pour poser son gros cul sur le cuir gras d'une prestigieuse maison d'éditions, entreléchage à n'en plus finir de vomir avec Le Monde ancienne direction (et nouvelle ?) et quelques autres torchons vaguement lancelinesques, prétention infinie, inversement proportionnelle à sa petitesse effective, etc.
Sollers incarne la puanteur du parisianisme le plus confit et étriqué, alors qu'il ignore bien sûr à peu près tout des écrivains étrangers, que je mentionne ici et que d'autres que moi (voyez les gars du Fric-Frac-Club) défendent sans relâche.
Vous me parlez de Sichère et je ne faisais que mentionner Guest et sa préciosité d'eunuque mallarméen, quel est le rapport ? C'est quoi qu'il en soit le vieux fond païen qui ressort chez Guest et sa préciosité grotesque, qu'un Benda aurait ridiculisée à n'en plus finir... Tous ces types suent à gros-bouillon leur haine du christianisme, c'est à pleurer de rire. Et un Meyronnis qui prétend, sans rire, être le seul à pouvoir penser le nihilisme !
Tout cela, pour moi (Haenel, Meyronnis, Guest), c'est exactement la même branlette pseudo-intellectuelle, pseudo-érudite mais en revanche disposant d'un bon millier d'entrées dans toutes les salles de rédaction.
Je persiste : non, aucun point commun entre la soi-disant défense faite par Sollers de ses seuls protégés et ce que je tente avec la Zone : je défends ce que j'aime, pas ce qui m'a sucé jusqu'à en avoir développé un cancer de la langue.
Pourquoi donc Sollers vomit-il à ce point la littérature contemporaine ? Parce qu'il ne la connaît bien évidemment pas, autre point d'importance me semble-t-il qui nous fait, lui et moi, nous tenir aux antipodes du spectre littéraire.
Écrit par : Stalker | 21/01/2009
La sollersization des Belles Lettres françaises donnera toujours raison à Stalker — qui n'a pas toujours raison !— C'est l'une des consubstantialités du "cadavre de la littérature". Il n'y a pas meilleur exemple du pire, que ce Sollers-Diamant qui n'est rien d'autre qu'une starlette littéraire savamment placée au-devant d'un trou noir. Ce type est le type même de l'écrivain-maquignon, du néo-libéralisme appliqué au marché du livre. Il sait faire feu de tout bois, faire ventre de tout ce qui rentre, manger à tous les râteliers et ratisser large. Quoiqu'on en dise quoiqu'on n'en dise pas, il s'en servira peu ou prou comme carburant. Son réservoir d'égotisme est tel qu'il accepte toutes sortes de comburant, depuis commentaires les plus altiers jusqu'aux épluchures de patate roulées dans le papier journal. C'est un chien, un loup, un renard et un fenech, qui survivrait dans les pires conditions germanopratines d'argent, de gloire et de télé. Et c'est encore bien trop d'honneur que d'en parler ici car il en jouit, évidemment.
Avez-vous vu comme il se plait à dire qu'aujourd'hui on ne lit plus ! Comme il rabâche ça sans arrêt depuis des lustres, et comme il n'y a jamais personne pour lui rabattre son caquet de roquet tel-quellien alors qu'il débite sempiternellement les mêmes âneries sur Guy Debord, sur Venise, sur Rimbaud et sur les Fleurs… ! Mais à part Dante, Nietzsche ou Hemingway, de quel grand écrivain contemporain Philippe de Mayonnaise s'est-il fait le critique infâme ou laudateur ces dernières années ? Ah oui ! Picasso, Mozart, Heidegger, Freud, Vivaldi… Que de travail ! Que d'originalité ! Sainte-Beuve se retourne dans sa tombe. Mais n''importe quel nain littéraire ferait la même chose avec l'Universalis ou Wikipédia entre les pattes ou les yeux !
Comme moi aussi je vieillis, je me souviens affectueusement de quelques lignes honorables sur l'île de Ré… D'un effort de dé-construction de soi dans Portrait du joueur… Mais quoi ! même chez ce grand dadet de Cabrel il y des airs qui vous restent dans la tête non ? Et puis c'était il y a bien longtemps. Et oui, si vous n'êtes pas tout à fait mort, la flamme en vous a fini de vaciller depuis des lustres M. Sollers. Soit personne ne lit plus ; ne lit Plus Sollers en tout cas. C.Q.F.D
Écrit par : le correspondancier | 21/01/2009
Petites crottes comme les trois petits points avant votre question de petit garçon? Les trois crottes de Juan Asensio produites par la peur de défier le Grand Sollers, en direct, avec seulement un écran pour vous séparer?
Car dans la logorrhée d'Asenchiotte, à qui sait vraiment lire, il est facile de comprendre sa colère et son dégoût puisque, il le dit lui même (mais il faut savoir lire et se lire) " je crois être passé par tous les stades quant à mes réactions de lecteur".
Elisabeth, je vous lis avec plaisir.
Écrit par : Denis Lair | 21/01/2009
Juan, vous avez détourné votre cible sur Guest, "eunuque mallarméen"!... Raté! Il a autre chose à faire que traîner sur les blogs, il ne lira probablement jamais ces lignes, ses lecteurs savent à quoi s'en tenir et ses infiniment plus nombreux non lecteurs s'en contrefoutent.
Vous ratez aussi votre cible avec votre fausse question, quel est le rapport entre Sichère, Guest, Meyronnis? Vous le savez, le seul point commun entre ces auteurs, mais il est de taille, est qu'ils s'efforcent de penser l'accomplissement du nihilisme, à savoir le déferlement de la volonté de puissance planétaire dans le monde d'aujourd'hui. Si je puis me permettre un conseil à vos lecteurs, cet effort, dans "L'Etre et le Divin" est particulièrement précieux dans le contexte actuel (Gaza...) Je me suis déjà expliquée là dessus dans un commentaire sur vos "4 ans dans la Zone".
"Tous ces types suent à gros bouillons la haine du christianisme" : ces "types" ne suent rien du tout, surtout pas la haine. Ils ont parfaitement assimilé la leçon nietzschéenne sur le ressentiment, les mauvaises passions dévoreuses d'énergie. Ne donnez pas du grain à moudre à vos adversaires en tombant, vous aussi, dans le ressentiment. Encore une fois, la violence (et non la haine) de Bloy, Bernanos s'exerce contre les médiocres. Vous n'avez pas encore prouvé, pas plus dans le ducassien "Doge de la Bêtise" ( où vous vous appuyez sur des propos du Doge) que dans "Robinson ou les limbes de la littérature", que l'œuvre de Sollers est médiocre. J'ai beau chercher dans la Zone, je ne trouve aucune critique étayée d'un livre de Sollers. Vous faites avec lui comme les consanguins font avec vous. ( Là, je vais me faire tuer, tant pis)
Je suis d'accord, en revanche, sur ce que vous dites du bavardage, du milieu littéraire, du comportement de Sollers. Mais encore une fois, le milieu littéraire ne se limite pas au Doge! Vous même, ne vous glissez-vous pas, parfois, dans un autre bocal tout aussi irrespirable? ( Bon, j'y vais de mon petit coup de mauvaise foi, je ne les connais pas, ces bocaux!)
Je suis d'accord sur l'ignorance sollersienne de la grande littérature étrangère contemporaine, et c'est bien là tout l'intérêt de la blogosphère, de la Zone, en particulier: nous la faire découvrir. Il est regrettable qu'un Meyronnis lise aussi mal Houellebecq...Sichère a écrit une très belle page sur Faulkner, dans "L'Etre et le Divin", soit dit en passant... Enfin je vous rends grâce, très cher, de vos superbes textes sur Mac Carthy, très au dessus de ce qu'on peut lire dans "La guerre du goût". Là,vous êtes content?
Je m'attends à la raffale de Kalachnikov, si je n'y réponds pas, ça ne voudra pas dire que je suis morte mais que je crains de lasser les lecteurs avec ce duel.
A d'autres... En piste!
Écrit par : Elisabeth Bart | 21/01/2009
Denis Lair : du balai, de l'air, je ne vous ai que trop lu, surtout si vous devenez impoli.
La peur de défier Sollers ? Ne prenez pas vos pauvres désirs de parasite (un morpion ?) sollersien pour des réalités, mon pauvre gars.
Mes hommages à votre ami paraît-il écrivain et à sa femme de plus en plus défigurée par la chirurgie esthétique. Sollers au moins accepte de paraître son âge de vieux faune sans intérêt.
Je n'ai raté aucune de mes cibles, Elisabeth : vous, vous me lisez et savez ce que je pense de votre ami Guest, ce saule-pleureur tentant d'arroser l'arbre mille fois plus grand que lui qu'est Heidegger. Que cette petite flèche se plante en vous puisque l'on est, après tout, responsable de celles et ceux auxquels on a accordé son amitié, voire son admiration intellectuelle (cela, c'est entre nous beaucoup plus grave et surtout très comique).
Vous allez me bassiner encore longtemps avec Sichère, dont je me contrefous quant à la teneur de cette note ? Vous feriez mieux, plutôt que de faire l'intéressante en commentaires, comme vous l'aviez fait avec Francis Moury naguère, de terminer d'écrire ce que, paraît-il, vous souhaitiez publier dans Stalker. Je le jugerai sur pièce, n'ayez crainte : vous écrivez mieux que Sollers, ce qui n'est évidemment pas vraiment un compliment, mais j'ai quelque mal à comprendre l'articulation que vous opérez entre votre christianisme, je crois exigeant, et la pantalonnade flatulente sollersienne.
Que voulez-vous que je vous dise à la fin, sur Sollers : ce n'est tout de même pas de ma faute si vous me paraissez incapable de faire une croix sur vos amours de jeunesse qui, tous apparemment, se sont révélés des impuissants littéraires.
Une vraie critique sur un des livres de Sollers ? En lien, sur son petit avant-dernier.
De grâce, ne me servez pas, ici, le brouet insultant, dans le meilleur des cas pasticheur, des consanguins parce que franchement, là, vous me faites aussi honte que pitié.
La violence (et non la haine) ? Je crois que vous avez mal, très mal lu Bernanos et Bloy, du moins quantité de leurs pages où s'exprime un dégoût irrécusable de leurs ennemis.
C'est ainsi que, en guise de salutations, je vous conseille de bien relire ces auteurs (Bernanos et Bloy, les autres : vous êtes grande !), cela vous évitera de jouer un rôle ridicule qui ne vous grandit pas vraiment à mes yeux.
Écrit par : Stalker | 21/01/2009
Elisabeth ne vous laissez pas impressionner par les petites colères d'Asensio,certains s'y laissent prendre, comme ce soir celui qui signe "le correspondancier" qui aimerait rivaliser de morgue et de haine avec son hôte.Non, les quelques messages que j'ai lus de vous prouvent que vous valez bien mieux que cela.Continuez de venir sur ce blog, c'est rafraichissant lorsque vous êtes là et ne manquez pas un autre site:www.pileface.com, c'est un site admirable consacré, vous avez deviné, à celui qui empêche Asensio de dormir...
Bonne nuit Elisabeth
Écrit par : Denis Lair | 21/01/2009
Elisabeth, je n'ai pas compris ce que je venais faire dans votre premier commentaire. J'ai juste mis sur Sollers ce que je crois la postérité en retiendra, si tant est que quelques-uns dans 30 ans s'intéressent encore à ce poussah. J'ai fini de m'énerver sur le sujet il y a bien longtemps - je crois que l'ultime fois fut devant une émission de télé où était aussi invité Dantec, pour la sortie de "Vortex" (j'en parle dans un texte sur mon site, que je me permets de mettre en lien quitte à défriser notre hôte : http://srivron.free.fr/comrenegat.html - parce que j'aime bien ce texte.
Cordialement à vous.
Écrit par : Serge Rivron | 22/01/2009
@Juan à quand un article sur Daudet ?
Stalker, lleva muy bien su nombre Elisabeth, la dissection d'un cadavre.
Les défauts des uns sont, souvent, les qualités d'autres.....
Me suis permis de copier lien en FB
Écrit par : Arnaud | 22/01/2009
Arnaud, je n'en sais rien, j'ai tant d'auteurs à évoquer !
Écrit par : Stalker | 22/01/2009
Je me contre-fous de Sollers et c'est très certainement réciproque. En revanche, je me pose depuis longtemps deux questions à propos d'Asensio. Pardonnez-moi si elles sont sans rapport direct avec le sujet, mais j'insiste. Voici :
1° Est-ce que George Steiner a lu votre essai sur son oeuvre ?
2° Si oui, qu'en a-t-il pensé ? Si non, en tirez-vous regret ?
3° Avez-vous déjà rencontré le maître en personne ?
4° À qui dois-je m'adresser pour obtenir une photo dédicacée (de George Steiner s'entend) ?
(Je m'aperçois que ça fait quatre questions. N'en tenez pas compte. Répondez succintement.)
Écrit par : J.-P. | 22/01/2009
1) je n'en sais rien.
2) non.
3) oui.
4) à lui je suppose.
Écrit par : Stalker | 22/01/2009
Je ne suis pas morte, je reviens, je ne me laisse pas impressionner, Denis Lair, mais arrêtez de me dire que je suis "rafraîchissante", cela m'enniaise plus encore que les invectives de notre hôte qui revendique pour lui la mauvaise foi mais la refuse aux autres. Oui, cher Juan, j'ai été de mauvaise foi en vous comparant aux consanguins. Je me repens d'avoir occulté votre critique parfaitement étayée de "Un vrai roman". Merci du sacré compliment que vous me faites. J'écris mieux que Sollers, dites-vous,qui "sait à peu près écrire", "sait donc écrire", "sait pourtant écrire" : subtile gradation dans votre article, je n'en demandais pas tant!
Serge Rivron, je vous en ai mêlé à cause de votre "praticien bourratif du déclin" qui rejoint l'esprit de cette note: Sollers "mort".
Aussi odieux soit-il, Sollers n'est pas plus mort que moi: s'il l'était, pourquoi Juan s'acharnerait-il ainsi contre lui? Pourquoi, comme l'ont dit certains commentateurs dans de précédentes notes sur la Zone, parler encore et toujours de lui? Ne devriez-vous pas, messieurs les détracteurs, entrer dans la pensée apophatique et l'éthique du détachement d'une Simone Weil, mystique catholique proche, parfois, de la sagesse taoïste chère à Sollers, qui se réfert aux Upannishads et à la Gîta, lire Sollers à la lumière de cette pensée, en particulier du chapitre "Contradiction" dans "La Pesanteur et la Grâce"?:
" De même, toute vérité enferme une contradiction. La contradiction est la pointe de la pyramide."
"Ce que peut le rapport des contraires pour toucher l'être naturel, les contradictions pensées ensemble le peuvent pour toucher Dieu."
C'est ainsi que je lis Sollers, qui se revendique "catholique libertin". Incompatible? Outre que le libertinage du XVIIe siècle n'était pas un athéisme, mais une entreprise pour séparer la théologie et la philosophie (Gassendi était prêtre) avant qu'il dérive vers l'éthique perverse des libertins du XVIIIe siècle pour aboutir au matérialisme de Sade, le libertinage de Sollers est, pour qui sait lire, une posture lovée dans une référence fixe, à la seule fin de nier la valeur du collectif, du social, ou pire, du sociétal. La grande Weil ne dit pas autre chose lorsqu'elle écrit : " Il ne faut pas être moi, il faut encore moins être nous." En bon catholique, Sollers a compris que le mythe du Progrès social est un leurre, qu'une véritable révolution s'appelle conversion individuelle de chacun, dans sa singularité.
Mais son engagement maoïste, ses grotesques déclarations d'amour à Ségo? ... Ridicule, je vous l'accorde... Voie apophatique qui passe par l'expérience du faux, quitte à jouer avec les voiles, les masques et bergamasques, dans le temps et avec le temps qu'il faudra.
Sollers a écrit son secret dans un roman passé inaperçu, "Le Secret" (1992). Le noyau, ou plutôt le moyeu du livre autour duquel tournent les thèmes, c'est l'entrevue entre Jean-Paul II et le Turc tueur qui tenta de l'assassiner, entrevue filmée mais non enregistrée: " [...] même les meilleurs spécialistes du déchiffrement sur les lèvres n'ont pas pu entrer dans le murmure de ces deux visages rapprochés par l'Histoire." ("Le secret", Gallimard p. 25). Ce murmure, ce secret que Jean-Paul II a emporté dans son tombeau, c'est celui de la Parole enclose dans les Ténèbres comme le suggère Sollers en citant Mathieu (10,26) Luc (8,17 et 12,27) Marc (4,22): " Il n'y a rien de caché qui ne doive être manifesté, rien n'est tenu secret que pour venir au grand jour: si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende."
"Le secret" est aussi celui de Sollers : il n'y a pas de "je", de "moi", Sollers, dans chaque roman le "je" n'est qu'un narrateur, pauvre âme centrée sur son nombril comme la vôtre, lecteur. Le nom Sollers n'est qu'une voix traversée par d'autres voix, c'est pourquoi dans "L'étoile des amants" mon "je" se dissout dans ces voix que je rapporte, des citations, diront les journalistes, les échos des voix des morts, selon moi, que vous pouvez écouter comme l'enfant écoute les vagues de la mer au creux d'un coquillage.
"Allons, appelez moi simplement "Peut-Être" et tout ira mieux dans le meilleur des mondes disparus possible."
" Peut-Être", voilà mon nom, pour finir." ("Le secret", p.23)
Ecrire, c'est dissoudre son "moi" pour ÊTRE: je ne suis pas encore, je PEUX être. Et moi, pauvre Sollers, je reste en apparence un grossier païen et qui plus est, bouffi par les ans, je fais le pitre comme un clown de Georges Rouault, c'est ma façon tirée du "Gai Savoir" de Le laisser venir en moi, parce que si " nous savons souffrir et nous taire, nous avons le droit de parler." (" Le secret", p.110), donc j'écris surtout mes illuminations, ma jouissance; mes gouffres, mes ténébreux abîmes, je les tais, je vous les laisse, à vous de les deviner.
Mais sa résistance à Péguy, dans "La Divine comédie", à Bernanos, aux fauves christiques?
Paradoxalement, en ce qui me concerne, c'est cette résistance qui m'a reconduite à mes amours d'enfance et d'adolescence, Péguy, Bernanos, suivant le conseil de la grande Weil : " Méthode d'investigation: dès qu'on a pensé quelque chose, chercher en quel sens le contraire est vrai." (La Pesanteur et la Grâce")
Alors non, je n'ai pas honte, Juan, de cet amour de jeunesse, je l'assume, j'en suis fière. Je vous l'ai dit et le redis: sans la lecture de Sollers, je n'aurais peut-être jamais atterri dans la Zone.
Écrit par : Elisabeth Bart | 22/01/2009
Mon Dieu, que de mots consacrés à Sollers ! J'en utiliserai quand même moins que vous : l'apophatisme que vous prêtez à Sollers est aussi commode que ridicule...
A la limite, il faudrait faire de l'oeuvre protéiforme (mais creuse quel que soit le genre) de ce pitre une lecture bloyenne qui, sous des kilomètres d'épaisseur de platitudes assénées avec, au contraire de ce que vous dites, un sérieux et un pédantisme comiques et monstrueux, tenterait de retrouver quelque parcelle d'un don que ce clown polygraphe a de toute façon gâché par un amour immodéré de la vanité et du bavardage...
Si cela vous tente... je vous laisse bien volontiers mener cette exégèse des écrits sollersiens mais je vous rappelle qu'il faudra au moins tenter de vous hisser à la hauteur de Bloy...
Que Sollers vous ait fait découvrir Pierre et Paul, et alors ? On peut même découvrir Bernanos en lisant les articulets de Monique Gosselin-Noat, ou Bloy en lisant Nabe, c'est dire la pertinence de pareil truchement, de toute façon commun sinon horriblement banal pour qui a lu plus de deux auteurs...
Écrit par : Stalker | 22/01/2009
Un bon livre peut-être à mettre sous les dents coriaces de Stalker paru il y a quelques mois chez Gallimard et dans la collection que dirige son plus vivant ennemi à ce jour et à condition toutefois que Stalker s'intéresse un tant soit peu au cinéma et pas seulement à celui dont il a pris comme masque le titre d'un des films les plus célèbres d'Andrei Tarkovski.
Je veux parler du livre de Thomas A. Ravier L'oeil du prince qui est en tout cas pour moi l'une des méditations sous forme de confessions les plus stimulantes et les plus critiques à bon escient que je connaisse à ce jour sur le cinéma. Il faut passer outre aux trop nombreuses citations que fait l'auteur de Philippe Sollers dans son essai pour comprendre ce qui a pu se passer d'essentiel au vingtième siècle en art et donc aussi bien en littérature qu'au cinéma.
Même si l'auteur en cela trop sollersien à mon goût finit par condamner le septième art comme une imposture née au dix-neuvième siècle, l'âge par excellence du faux et des masses avides du spectaculaire sans âme comme aurait dit Philippe Muray, il n'en a pas moins écrit dans cet essai quelques pages assez remarquables sur des cinéastes aussi prestigieux que Jean Renoir, Robert Bresson, Alfred Hitchcock (son cinéaste préféré, comme il est celui de Philippe Sollers pour d'excellentes raisons au demeurant "théologiques" et non pas seulement artistiques) Howard Hawks et Fritz Lang. Pour comprendre sinon apprécier aussi bien Thomas A. Ravier que Philippe Sollers un détour par le septième art et un certain cinéma est vivement recommandé.
Sans être moi-même pourtant un fan de Philippe Sollers dont je connais bien les faiblesses et les lacunes, notamment philosophiques (Philippe Sollers serait-il finalement à son insu un philosophe raté comme Nietzsche est un musicien raté ?) je vous recommande Stalker la lecture de cet essai brillant par un écrivain qui ne manque pas de style et donc de pensée et qui en tout cas nous rappelle que cet art, le cinéma, à l'instar d'ailleurs de tous les arts dignes de ce nom compte beaucoup d'appelés et peu d'élus.
Un admirateur inconditionnel de l'auteur du Symbolisme de l'apparition.
Écrit par : John Robbie | 22/01/2009
Que serait un "bon livre" écrit par Philippe Sollers ?
Écrit par : Gilles Monplaisir | 22/01/2009
Sollers, époux de Kristeva,
Kristeva, épouse de Sollers,
Qui se ressemble, s'assemble.
Écrit par : solko | 23/01/2009
Cher Monsieur,
Je vous lis très régulièrement et depuis bien longtemps avec le plus grand plaisir, et crois pouvoir reconnaître à travers ces échanges le sens profond de votre anti-sollersisme primaire, secondaire, tertiaire, quaternaire, parallèle et simultané (comme en son temps héroïque l'anti-communisme?). D'ailleurs, vous en donnez vous-même le commentaire précis voire la définition (je vous cite) : "le DON que ce clown polygraphe a de toute façon été GÂCHE par un amour immodéré de la vanité et du bavardage"...
Voilà au fond ce que vous lui reprochez. Vous le lisez à la lumière de la "parabole des talents". Car s'il y a chez lui quelque posture de prélat façon curie romaine époque Renaissance, il y a chez vous de cette autre posture façon frère prêcheur de la Sainte Inquisition (il est très probable que ces frères-là éprouvaient parfois sinon souvent plus de colère voire de haine à l'endroit des ces prélats qu'à celui de certains des "hérétiques" qu'ils étaient nonobstant chargés de "questionner"...). Mais, savez-vous, il y a place pour chacun dans la "maison du Père", il y a place même pour lui et... même pour vous!
Merci d'être vous-même, et poursuivez ainsi.
Bien à vous
Écrit par : Bernard GRANDCHAMP | 23/01/2009
Effectivement Bernard : vous avez compris ce qu'Elisabeth Bart n'a que mal ou pas du tout vu.
Je n'ai jamais écrit que Sollers était nul. Il est même le contraire : intelligent et, oui, très doué, surtout dans ses tout premiers romans. Mais voyez le reste ! C'est affligeant de nullité et Elisabeth ose me parler d'un quelconque apophatisme de Sollers, comme si celui-ci, en toute connaissance de cause, avait décidé de brûler son talent et de devenir la baudruche médiatique qu'il est devenue !
Je n'en connais pas beaucoup capables de cela : Rimbaud, au moins, a eu le courage de se taire alors que Sollers ressasse les mêmes antiennes ad nauseam...
Non : Sollers, voilà ce que je ne lui pardonne pas, n'a pas su faire fructifier le talent qui lui a été donné et non seulement l'a gâché mais, sans doute, l'a bel et bien renié, par facilité, confort, putanat rongeant comme une lèpre.
Sous ses dehors sur-nombrilistes, je crois que ce pitre entre donc la catégorie pathétique de ces médiocres qui, selon Bernanos, ne s'aiment tout simplement pas, parce qu'ils sont parfaitement conscients de ce qu'ils auraient pu devenir...
J'avoue que ce point est difficile à démêler : Sollers a-t-il brûlé son talent en toute connaissance de cause ? Il doit y avoir de la volonté et aussi une sorte de neurasthénie qui, une fois que le clown s'est enfermé dans son propre mauvais rêve, l'enchaîne à sa marionnette ! Bernanos est la clé de Sollers, pourquoi croyez-vous que ce dernier n'en parle que pour le ridiculiser ! Sollers en Pernichon, certainement pas en Cénabre, beaucoup trop dur et encore conscient de sa dégradation...
Dieu reconnaît les siens assurément mais, mon cher Bernard, absolument personne, pas même Dieu dont je suis peut-être, face à Sollers et pour faire absolument plaisir à Elisabeth (et ainsi retourner sa métaphore), l'aiguillon, ne m'empêchera de cogner contre ce moulin de paroles creuses et fausses, cachant leur vide sidéral (et, apparemment, encore sidérant, ce serpent de Walt Disney, comme dans le cas de la bécasse Denis Lair...) sous une apparence de culture esthétique et vaguement paradoxale.
Mais je doute que Sollers, dégradé comme il me semble l'être, soit à même de comprendre qu'il est devenu aussi pathétique que ridicule...
Écrit par : Stalker | 23/01/2009
Alors on me censure maintenant? Gilles Moncul, Secoué, eux sont publiés et pas moi? Plus grave, le beau billet du cat Robie, passé lui aussi à la trappe... deux poids deux mesures sur ce blog, c'est pas juste.
Écrit par : Denis Lair | 23/01/2009
Partant que l’Editis du sieur Lagardère contrôle aujourd’hui 80% de la librairie hexagonale et des éditeurs qui l’alimentent, c’est grand plaisir de lire sous votre plume une parole sachant ce qu’elle dit et veut quant à notre Commandeur Sollers.
Partant qu'au même instant d’autres professionnels de la profession livresque (les Bibliothèques Municipales parisiennes en l’occurrence) consacrent leurs plus vaillants efforts au « tout numérique » et que, pour placer en leurs établissements l’encéphalogramme plat des écrans attendus par leur public-cible (Bouge ta bibli et Bibli-Pride !), ils envisagent sans vergogne de « supprimer des collections » et ainsi, de « dédramatiser la relation du public aux auteurs » (pas aux livres hein, aux vraies gens !)… Relation dont j’avoue point comprendre en quoi elle fut jamais dramatique…
Et tiens, dans le coin à droite, serait-ce pas Sollers ?
Partant que, s’il n’est plus d’éditeurs ou rares, s’il n’est plus d’auteurs ou peu, il est par conséquent logique qu’il n’y ait plus de lecteurs au sens où vous Asensio, l’êtes encore.
Gageons qu’à ce prix, les innombrables Salons du Livre, Marché de la Poésie et Mai du Livre d’Art (avé majuscules !) sont assurés d’over-doper leur fréquentation, ce qu’est tout de même le but d’une authentique politique culturelle, non ?
Des gens savent lire, les mêmes lisent parfois des auteurs ne sachant plus vraiment ce qu’écrire signifie. Il est sain que les premiers disent haut et fort l’opinion qu’ils ont des seconds et pour ça, Monsieur, je ne vous remercierai jamais assez.
Écrit par : Aline Scaërin | 24/01/2009
Mais Bardamu, je crois vraiment que «Je vais y penser sérieusement», même si Sollers a voulu faire de l'humour, est à prendre au premier degré !
Mon avis : c'est trop tard. Qu'il penser plutôt à cesser de publier.
Écrit par : PMB | 24/01/2009
Denis Lair, que les choses soient bien claires : ici, le patron, c'est moi et je mets en ligne ou jette aux toilettes les interventions que je veux.
Je ne sais absolument pas de quoi vous me parlez mais je vous mets en garde : que vous nous racontiez vos sornettes sur le Doge de la bêtise, peu me chaut, chacune de vos interventions ridiculisant un peu plus le hongre littéraire MAIS sous aucun prétexte je n'admettrai que vous m'insultiez ou que vous insultiez les autres intervenants.
Vous pouvez être aussi méchant que vous le voulez, à condition d'être méchant avec intelligence et pas en déposant quelques crottes malodorantes.
Notez bien que c'est à prendre ou à laisser et que je vous ai par ailleurs, en public ou en privé, averti bien des fois.
Aline : oui, merci, je souris encore, en vous lisant, de la naïveté d'Elisabeth Bart qui considère que le fat Sollers est un innocent instrument de la divinité et même un écrivain, dans ses dernières productions (le mot est adapté à la situation) assez intéressant !
Il faut bien comprendre ce point, que je ne fais que répéter : je suis dur avec Sollers, très dur avec lui, ne lui témoigne absolument aucune forme de pitié parce que, justement, il aurait pu devenir grand et qu'il a gâché avec une application étonnante, son talent, au sens biblique du terme.
Qu'un Denis Lair ne comprenne pas cela, peu me chaut : je crois de toute façon qu'il ne doit pas comprendre grand-chose. Que d'autres lecteurs, plus perspicaces, osant citer Bernanos et Péguy aux côtés de ce pitre esthète et bavard, trouvent encore des raisons de défendre l'imposteur qu'est devenu, au fil des années, Sollers, voilà qui ne cesse de m'étonner...
Écrit par : Stalker | 24/01/2009
Vous allez finir par me citer aussi souvent que Sollers, Juan Asensio...
Denis Lair (On Air sur le site Stalker!)
Écrit par : Denis Lair | 24/01/2009
Sollers connaît-il ce propos de Julien Gracq ?
« Il n’y a pas de raisons qu’un auteur ait à ajouter à ce qu’il publie, et qui devrait être autosuffisant. La bonne règle (...) serait plutôt que l’auteur – en tant qu’auteur – se résorbe dans ce qu’il a fait. (...) Aujourd’hui, l’activité – non écrite – de l’écrivain dans le domaine des « relations publiques » représente une part grandissante de sa présence aux yeux du public. (...) La littérature n’est plus qu’un passeport qu’on ne s’occupe plus guère de vérifier, et qui permet de voyager très loin, et très bruyamment, hors de sa contrée d’origine. »
Lui et, d’une manière générale, les angotistes ?
Écrit par : PMB | 24/01/2009
Oui PMB, dommage que Gracq lui-même n'ait guère illustré sa maxime, vu le nombre de livres à la con qui fleurissent depuis sa mort (Gracq m'a dit, etc. ou bien Je suis le chat de Gracq, ou sa maîtresse, ou son livre...). Bref, le plus petit échotier ayant échangé deux mots avec cet auteur y va de son livre.
Vous me direz que l'auteur n'en est pas responsable ? Eh bien si tout de même puisque, s'il a toujours refusé d'être filmé ou enregistré, il n'en a pas moins accordé beaucoup d'entretiens qui tous, allez donc savoir pourquoi, paraissent depuis quelques semaines/mois...
Voyez Cormac McCarthy au contraire : un seul entretien et une émission télévisée où il est resté parfaitement énigmatique...
Et que dire d'un Pynchon...
Écrit par : Stalker | 24/01/2009
Félicitations, Juan, pour cette note très pertinente.
Je signerai quand vous voudrez une pétition pour le transfert des cendres du Doge au Panthéon : sa véritable place.
Comme de coutume je partage vos sentiments sur la baudruche.
Cela me fait penser qu'en trois ans et demi je n'ai jamais eu le moindre désaccord avec vous sur rien de fondamental...
Elisabeth : je lis vos commentaires sur cette note de Juan et je suis sonné !
Je sais votre respect du courage des grands écrivains (physique et spirituel). Comment arrivez-vous à tenir Sollers pour un écrivain de quelque importance, lui se vante d'avoir joué la folie pour ne pas risquer d'être envoyé en Algérie et donne ensuite des leçons de rectitude morale à tous sur le ton du garde rouge de service ?!?!
Il est fier d'avoir été lâche il y a cinquante ans !!! A la rizière l'ami du peuple !!!
Écrit par : Samuel Gourio | 25/01/2009
« Vous me direz que l'auteur n'en est pas responsable ? Eh bien si tout de même puisque, s'il a toujours refusé d'être filmé ou enregistré, il n'en a pas moins accordé beaucoup d'entretiens qui tous, allez donc savoir pourquoi, paraissent depuis quelques semaines/mois... »
J’ai perdu la référence (année) de cette déclaration, histoire de mesurer (si utile) le temps passé entre elle et ce changement de pied. Notons quand même que l’entretien permet, en principe, de peser davantage ses mots que l’enregistrement visuel ou sonore. Gracq devait aimer contrôler les choses.
Quand aux champignons qui poussent sur son corps, baste. Il était de bon ton, ces dernières années, de faire son giesbert à Saint-Florent-le-Vieil, geais en quête des plumes du paon. Le plus étonnant de ces parasites fut une vedette de TF1 dont j’ai volontairement oublié le nom. Elle (c’était une dame, genre je fais du people à la télé mais j’ai un jardin secret : la Culture) avait autant de rapport avec Gracq et son monde qu’une poule avec un couteau.
Écrit par : PMB | 25/01/2009
Samuel Gourio vous vous gourez...et je reste poli (mais allez voir la racine du verbe se gourer dans le Littré).
Denis Lair
Écrit par : Denis Lair | 25/01/2009
cadavre de la littérature...
cadavres...
quel(s) intérêt(s) à les disséquer?
Écrit par : anne | 26/01/2009
Pardon de sortir du strict sujet Sollers mais, dans la catégorie du "monsieur des plus mauvais écrivains", médiatiquement parlant il y en a un autre que l'on voit partout : François Weyergans. Une note sur ce monsieur ne devrait pas être trop longue à faire étant donnée l'insipidité de sa "littérature" de remplissage (comme les livres de coloriage pour les enfants).
Écrit par : M-T | 28/01/2009
Bonjour Juan Asensio,
Je suis allé faire un tour sur le forum à la gloire de sous-Bloy, et comme vous le dites, quelle bande de crétins! Savez-vous qu'il y a un post qui vous est consacré où ces imbéciles croient vous avoir réglé votre compte. Vous y êtes détestés, insultés. Vous serez bientôt autant haï que Philippe Sollers! Courage, gardez le cap.
Denis Lair
Écrit par : Denis Lair | 08/02/2009
Pardon pour cette intrusion... Me suis planté... M'attendais à ce que vous évoquiez son dernier roman (à Sollers), et non pas je ne sais quel " chat " dans je ne sais quel journal...
Écrit par : Chr. Borhen | 10/02/2009
Relisant votre livre,"La critique meurt jeune", suite à "La Mort de Virgile", je retombe sur ces paroles de M-G Dantec ( qui n'a pas écrit que des sottises, que je sache) et je ne résiste pas au bonheur de les citer ici, en conclusion tardive de ce débat.
M-G Dantec:
" Bon, vous y allez assez fort sur Meyronnis, que je connais un peu personnellement et surtout par ses écrits dans "Ligne de risque", avec Yannick Haenel. Je considère ce duo, en dépit de tout ce que l'on peut penser de Sollers et de l'Infini, comme les écrivains les plus intéressants de leur génération. Il n'empêche en effet que sur ce coup-là, Meyronnis, vis-à-vis de "L'Atelier du Roman", s'est un peu emmêlé les pinceaux. En effet, le nihilisme a TOUJOURS et avant tout été combattu par des écrivains taxés de "réactionnaires"; on pourrait déjà commencer par Nietszche.(p.125)
[...]
Tradition, "traditio", signifie transcription, transmission. Tout auteur se tient, dans sa propre "modernité", à un carrefour singulier où les voix des auteurs résonnent, de façon très singulière, là encore. Chaque auteur s'incorpore ces voix pour faire la sienne propre, avec sa synthèse particulière; il n'est pas un écho mais un CORPS, un corps-cerveau qui agit comme une antenne: réception-émission.
La "querelle ancien/moderne " ne tient pas parce que ce sont toujours les auteurs les plus conscients de la tradition qui inventent les formes nouvelles les plus audacieuses et les plus marquantes, les plus "en phase" avec l'époque, car dans le même temps arc-boutées CONTRE l'époque." (p. 126)
Je ne retrancherais pas une seule virgule de ces propos de Dantec, je ne retranche pas une seule virgule de mes commentaires ci-dessus.
Si l'on remplace le mot "auteur" par "lecteur", dans le paragraphe sur la tradition, cela donne: " Chaque lecteur s'incorpore ces voix pour faire la sienne propre avec SA SYNTHESE PARTICULIERE; il n'est pas un écho mais un CORPS." C'est cela que vous avez du mal à comprendre, Juan. Mon corps-cerveau n'est pas le même que le vôtre, mais si vous revendiquez d'être un esprit libre, reconnaissez qu'un esprit libre peut faire sa SYNTHESE PARTICULIERE, et que la voix de Sollers peut entrer dans cette synthèse, quitte à s'y dissoudre...
Écrit par : Elisabeth Bart | 12/02/2009
A quoi en êtes-vous donc réduite, Elisabeth, pour tenter de me prouver que j'ai tort concernant Sollers !
Je vais vous le dire franchement : je me contrefous de Sollers et, ma foi, si vous êtes assez... ce que vous voudrez pour perdre autant de temps avec ce lémure, c'est vous que cela regarde.
Je vous ai d'ailleurs indirectement répondu dans ma note sur Bernanos : je n'ai pas le temps de lire tous les grands auteurs, alors les nains, pensez donc...
Une chose, une bonne fois pour toutes : j'ai tout lu, ou presque tout, de Sollers, l'ayant dévoré, comme tant d'autres, durant mon adolescence : ce que j'écris sur lui, je ne l'écris donc pas à la légère.
JAMAIS vous ne me ferez changer d'avis sur ce pitre.
Jamais.
Écrit par : Stalker | 12/02/2009
Mon cher, vous êtes le maître des lieux, je vous laisse le dernier mot.
Je vous retrouverai sur France-Culture.... Sur le Grand d'Espagne, nous sommes d'accord, n'est-ce pas?
Écrit par : Elisabeth Bart | 13/02/2009
Je n'en sais rien, je suis rarement d'accord avec qui que ce soit sur Bernanos...
Écrit par : Stalker | 13/02/2009
Bonjour mr Asensio,
J'apprécie votre art de la critique , concernant mr Sollers , je ne l'ai pas lu , aussi ne donnerai -je aucun point de vue personnel sur l'oeuvre de ce monsieur . Par contre j'ai plutot été intéressé par son entretien audio . Votre avis sur celui-ci m'intéresserait bien aussi ! :
Audio-Clés
Rencontre avec Philippe Sollers.
>>> Ecoutez l'extrait
P-S : si le lien ne fonctionne pas sur ce post , vous pouvez le retrouver sur mon blog directement ...:
http://penser.over-blog.org/
Bien amicalement,
Dominique Giraudet
Écrit par : dominique giraudet | 17/03/2009



























Imprimer