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19/05/2009

Que faire ?

Francisco de Goya, Qué hai (sic) que hacer más ?, planche n°33 de la série intitulée Desastres de la guerra (date de réalisation de la gravure : entre 1810 et 1815, publication : 1863).


«Si vous désirez une image de l’avenir, imaginez une botte piétinant un visage humain… éternellement.»
George Orwell, 1984 (Gallimard, coll. Folio, 2001), p. 377.

«Preventief ruimen lijkt de enige optie.»
Commentaire kurtzien que l'on traduira, tout aussi expéditivement, par : «L'abattage préventif semble être la seule option.»


Addendum du 19 mai 2009 : informations sur les circonstances et l'identité de l'homme, VIVANT, sauvagement agressé.


Ces images (attention : elles sont d'une violence extrême) ne cessent de me hanter depuis que je les ai découvertes il y a quelques jours. Elles font lever, comme d'un fond trouble et vaseux, d'autres images choquantes, que je croyais avoir oubliées, celles d'un homme qui s'acharnait à frapper, jusqu'à le défigurer, le beau visage de la femme qu'il venait de violer dans Irréversible de Gaspard Noé.
Les voici, accompagnées de commentaires rédigés en danois, néerlandais et même afrikaans (desquels j'ai extrait la citation figurant plus haut), langues pour moi parfaitement incompréhensibles.
Dans ces commentaires, figure un lien posté par un internaute indiquant le site bien connu mais fort peu recommandable Ogrish, dont seul le forum subsiste aujourd'hui et où il est du reste impossible de s'inscrire.
Apparemment, l'homme qui a été, avec une violence inouïe bien que fort commune hélas dans nos modernes sociétés, roué de coups (selon un des euphémismes habituels les plus chéris par l'AFP et repris tels quels par nos moutons du maljournalisme) a survécu, présentant de très graves séquelles neurologiques, à son lynchage, comme l'indique l'internaute ayant copié le lien vers Ogrish.
Le fait que cet homme ait survécu à de tels coups, donnés à seule fin de le tuer, si c'est effectivement le cas, est un miracle, après tout proportionné à la sauvagerie frénétique et parfaitement maîtrisée (l'agresseur lève un bras pour à la fois éloigner ses camarades et les inviter à bien regarder ce qui va suivre : la tentative de faire exploser la tête d'un homme à terre) avec laquelle un des jeunes (novlangue popularisé par l'AFP) puis un autre, le meneur apparemment, saute, plusieurs fois, à pieds joints sur le visage de l'homme qui, depuis plusieurs secondes déjà, ne donne plus aucun signe de résistance, voire de vie.
Roman Bernard a écrit une note sur cette vidéo, évoquant la question de la peine de mort seule capable de punir de tels faits, provoquant, on s'en doute, un vif débat, ici.
C'est d'ailleurs par l'entremise de son blog que j'ai découvert ces terribles images, dans une note signée de Jean Robin consacrée au... commerce équitable.
Bien qu'il soit difficile, pour le moins, de contextualiser les images que nous montre cette vidéo, j'ai pointé en commentaire l'inconséquence (l'une de celles, innombrables et si typiquement journalistiques, que Jean Robin n'a pas été le dernier à stigmatiser dans une charge salutaire contre Thierry Ardisson) lui ayant fait évoquer un tel fait divers, qui plus est hâtivement légendé par ses soins, dans un texte qui n'a pas le plus mince rapport avec celui-ci.
Ces images n'ont à dire vrai besoin d'aucun commentaire, sauf peut-être de la sobre légende que Francisco de Goya, ayant vu de ses propres yeux les horreurs que des hommes ont infligées à d'autres hommes, a ajoutée à la trente-troisième planche de ses Désastres de la guerre.
L'horreur est sans âge et la scène que nous montre la caméra de surveillance ressemble, sans toutefois l'acharnement et la haine de l'autre si typiquement humains, à l'un de ces films animaliers dans lesquels un félin, généralement une lionne, donne un coup de patte puissant à la proie qu'elle poursuit qui, jetée à terre, est immédiatement saisie à la gorge.
Du reste, cette image d'une horreur ancestrale n'est qu'en partie vraie, donc pas totalement satisfaisante. Quelque chose nous saisit en effet devant le spectacle d'animaux qui se dévorent. Une paix de l'âme face à la pure nécessité, j'ose même parler d'un sentiment esthétique : voir des fauves chasser est un spectacle inoubliable, un immense ballet réglé avec une précision que l'on dirait éprouvée par des centaines de siècles durant lesquels de telles scènes se sont reproduites à l'identique, jamais tout à fait les mêmes pourtant.
Voyez comment l'homme qui court en tentant d'échapper à ses poursuivants tombe à terre à cause d'un coup de pied, voyez comment la meute fond sur lui. Aucun d'entre eux n'a faim, tous en revanche veulent le rouer de coups. Il est évident que c'est ce premier coup de pied qui a décidé de la suite des événements. Sans lui, l'homme, qui dans quelques secondes sera (peut-être) mort, aurait pu échapper à ceux qui le chassent à vue, comme, parfois, une gazelle parvient, d'un bond habile et puissant, à tromper le fauve qui, épuisé, dépité, s'arrête net de courir et regarde sa proie s'éloigner de lui irrémédiablement.
Voyez, enfin, ces images parfaitement ordinaires (au sens premier du terme) en fin de vidéo : un homme (puis un autre), sortant d'un passage dans lequel, en début de film, un passant s'était réfugié, se jauge dans une glace, reboutonne sa veste, jette plusieurs regards à celui qui gît sur le sol. Il n'a peut-être rien vu de la scène à laquelle nous avons assisté et pense que l'homme à terre, la tête en sang, est un de ces ivrognes que l'on croise dans les couloirs du métro. S'il a tout vu au contraire, soit il est choqué au point que son propre corps exécute des gestes parfaitement habituels, soit il est l'un des représentants de cet homme des foules que Poe décrivit brillamment. Ce n'est pas son affaire, cela ne l'a d'ailleurs jamais été, qu'aurait-il pu faire face à plusieurs hommes ?
Les sociologues nous affirmeront qu'il s'agit, à propos de la réalité pour le moins brutale dont cette vidéo témoigne, du classique problème lié à l'insécurité dans les métropoles et à la petite délinquance pouvant basculer en un centième de seconde dans la grande, au fascinant phénomène des bandes, id est : des hommes chassant en meute, pour voler, se nourrir, frapper ou tuer. Un sociologue disposant d'un peu de culture pourrait même nous rappeler les analyses remarquables de Gustave Le Bon sur les foules, qui me semblent être l'entité supérieure où peuvent se fondre les bandes (Psychologie des foules [1895], PUF, 1981, p. 18), et ainsi affirmer que : «Si l’organisme humain permettait la perpétuité de la fureur, on pourrait dire que l’état normal de la foule contrariée est la fureur.»
Les experts auto-proclamés en fonctionnement des médias, comme le lamentable Nicolas Vanbremeersch, s'interrogeront, sans le moindre sourire, sur la réalité des images aussi insoutenables que parfaitement banales (sur les sites évoqués, sur bien d'autres, il y a des dizaines de ces vidéos légendées Man beaten to death...), sur le fait que jamais elles ne peuvent apparaître sur la Toile par pur hasard mais qu'il y a, derrière ce paravent qui ne saurait résister à la puissance de sa pénétrante analyse médiologique, une évidente manipulation.
Les crétins de tous poils, les purs, les belles âmes, les docteurs en angélisme (ou en pureté, comme Barbey appelait certaine catégorie de pitres, assurément la plus bavarde) comme Olivier Duhamel trouvant admirables les lénifiantes déclarations d'un de ses élèves de Sciences po, s'époumoneront à nous hurler qu'il ne faut absolument pas céder aux sirènes dangereuses de l'amalgame qui, tout le monde le sait, peut tuer un homme, du moins à Saint-Germain-des-Prés, plus sûrement qu'une batte cloutée, que l'insécurité n'est qu'un phantasme de petits-bourgeois trouillards, trop souvent blancs, habitant les beaux quartiers quadrillés de patrouilles de police, que sais-je encore ?
Quelque intellectuel médiatique connaissant tout de même ses classiques nous mettra sous le regard, dans une tribune vibrant d'une colère raisonnable publiée par Le Monde, les belles pages d'un Lévinas ou d'un Marion sur le visage et les appels qu'il peut susciter, de haine, d'amour ou de pardon et ce sera je crois tout ce à quoi nous pourrons prétendre.
Et, dans quelques jours ou mois, de nouvelles images, scandaleuses pour les bien-pensants qui oseront agonir d'injures et même punir celui ou ceux qui les auront livrées au public, provoqueront un nouveau flot de commentaires inutiles.
Car aucun de ces discours tournant à vide, ne mordant pas sur la réalité mais se reproduisant inlassablement sans parvenir à entailler le sol vitrifié de la société que nous avons bâtie sur des fondements qui s'effritent, d'une éraflure de la profondeur d'un cheveu, ne parviendra jamais à s'approcher de la vérité de la haine, de la rage, de la volonté de défigurer le visage d'un homme, de s'acharner à ce point sur la tête d'un homme, peu importe qu'il soit innocent ou coupable.
L'écriture, même, le peut-elle (ainsi que les commentaires ayant suivi ce texte, d'une magnifique tenue dans leur très grande majorité) ?
J'en doute.
Car il ne s'agit plus, face à de pareilles images, de s'interroger avec le poète, sur notre capacité à évoquer la puissance toute romantique du Mal (1) :

«Mais comment chanter les dégoûts,
La fièvre du mal, sa naissance ?
Il est vain d’en feindre l’absence,
Nous les retrouverons partout.»


41JCBAXXF4L._SS500_.jpgIl s'agit d'inventer la langue même de la haine ordinaire, cette écriture barbare que Roberto Bolaño (2) imagine être pratiquée par une abjecte école que l'on dirait sortie tout droit d'une modernité devenue tout entière actionniste, autrement dit malade, désireuse non seulement de détruire la beauté qui l'entoure et qu'elle hait, mais elle-même, dans un geste réellement satanique de dévoration de ses propres membres et substance.
Cette langue est celle-là même que recherche, jusque dans le gosier ouvert au scalpel de pauvres diables qui lui servent de cobayes, Hermann Karnau dans un roman sombre et étrange de Marcel Beyer, Voix de la nuit (3) : «C’est peut-être comme cela, strate après strate, que l’on approche du mystère, même si on ne le résoudra pas de cette manière : la vie durant, on utilise la langue comme un instrument en pensant qu’il s’agit d’une espèce de disque plat, vu que, dans la bouche, on n’en sent que la partie supérieure quand elle touche le palais et que, dans un miroir, on n’en voit que le bout» (p. 49).
Cette recherche frénétique, qui ne peut s'embarrasser d'aucune faiblesse ni même considération morale (4) qui, dans le cadre d'une recherche scientifique, apparaîtraient déplacées, n'a qu'un seul but : «Rien d’étonnant pense ainsi Karnau, à ce que l’on veuille placer ce quelque chose d’insaisissable que l’on nomme l’âme dans la voix humaine. Haleine façonnée, souffle : tout ce qui constitue l’homme. Les cicatrices forment ainsi sur les cordes vocales un registre d’événements marquants, d’éruptions acoustiques, mais aussi de silences. Si seulement on pouvait les explorer avec les doigts, en explorer les traces, les points de fixation et les ramifications. Là dans les ténèbres de ton larynx : c’est ta propre histoire que tu ne peux déchiffrer» (p. 21).
Et si ce déchiffrement, malgré tous les efforts que notre étrange acousticien déploiera pour dresser une carte des sons les plus méconnus produits par les hommes lorsqu'ils se trouvent dans des situations extrêmes, venait à échouer, c'est sans doute qu'il faudrait retomber dans la vieille alternative concernant l'origine du langage : «On cherche avec inflexibilité une origine animale au parler, comme si, au bout du compte, on escomptait simplement voir toutes les théories s’écrouler, afin de pouvoir croire à nouveau à une origine divine et mystérieuse. Deux possibilités : la langue qui vole sans raison, mue par des fils invisibles, et qui donne à la voix son timbre, diffuse dans les airs pour qu’on l’entende un bruissement, comme un corps volant en apesanteur – des chiens, les pattes collées au sol, comme s’ils souffraient d’une gravitation démesurée, le langage, éveillé par l’instinct, né des insuffisances de la condition charnelle» (p. 157).
L'animalité, toutes les fois que l'on évoque la question insoluble de l'origine du langage, n'est jamais très loin. C'est le spectre de Kurtz qui rôde, à tout prix désireux de vous raconter ce que lui-même a entendu au plus profond de sa conscience : «Il faut une force énorme et du temps à l’homme pour pouvoir largement maîtriser sa propre voix, mais la facilité est grande de perdre ce qu’il a acquis si péniblement : il lui faut peu d’efforts pour tout effacer et faire qu’il n’en reste pas la moindre trace. De la même façon qu’un chien oublie toute son éducation à la discipline, dès qu’il flaire un souvenir de l’univers d’avant l’arrivée de l’homme sur terre» (pp. 160-1).
Il n'y a pas un seul son accompagnant les images de notre vidéo. C'est peut-être ce silence qui contribue à lui ôter toute forme d'humanité. C'est peut-être en raison d'un mot de trop que cet homme a été frappé avec une violence inouïe. En supprimant le visage d'un homme, en sautant à pieds joints sur les yeux, le nez, la bouche d'un homme, on veut supprimer sa voix.
Ainsi, il faut peut-être avancer une étrange hypothèse concernant ce déchaînement de violence. De la même façon que, selon le narrateur de Voix de la nuit, l’homme n’est «manifestement pas à la hauteur de sa propre voix, dès qu’il lui est soumis dans sa nudité» (5), peut-être n'est-il pas, non plus, à la hauteur de son propre visage.

Notes
(1) Patrice de La Tour du Pin, La joie in La quête de Joie et Petite somme de Poésie (Gallimard, coll. Poésie, 1993), p. 119.
(2) Roberto Bolaño, La littérature nazie en Amérique (Christian Bourgois, coll. Titres, 2006), dans la nouvelle intitulée Carlos Ramírez Hoffman, écrit, p. 231 : «Une des activités de ce mouvement consistait à réaliser des messes noires où l’on maltraitait les livres classiques. L’ancien concierge avait commencé sa carrière en Mai 68. Pendant que les étudiants édifiaient des barricades, lui s’enferma dans sa petite chambre de concierge dans un luxueux édifice de la rue des Eaux et consacra son temps à se masturber sur des livres de Victor Hugo et de Balzac, à uriner sur des ouvrages de Stendhal, à couvrir de merde des pages de Chateaubriand, à se faire des coupures sur diverses parties du corps pour tacher de sang de beaux exemplaires de Flaubert, Lamartine, Musset. C’est comme ça, d’après lui, qu’il apprit à écrire.»
(3) Marcel Beyer, Voix de la nuit [Flughunde] (traduction de François Mathieu, Calmann-Lévy, 1997). Les pages entre parenthèses renvoient à cette édition.
(4) «Quiconque veut établir la carte de toutes les nuances de la voix humaine ne peut, à l’exemple de [Franz Joseph] Gall, se laisser détourner de son travail par ses semblables. Il ne peut non plus, tout comme ce géomètre du crâne, être pris pour un lâche», p. 29.
(5) Car, poursuit l'auteur, «aucun homme ne peut supporter bien longtemps sa voix quand elle est nue et que rien ne la retient» (p. 161).

Addendum sur les circonstances de l'agression

Je ne prends pas la peine de traduire les textes ci-dessous, leur contenu se laisse hélas facilement deviner...

Sur l'état du jeune homme sauvagement agressé.
O metalúrgico Fabiano Dias Rodrigues, 24 anos, passou por uma cirurgia e continua em estado grave no Hospital da Unimed. O metalúrgico foi transferido do Hospital Regional na noite de quinta-feira, mediante uma liminar judicial.Segundo as informações passadas pelo boletim médico (13/06/08) foi divulgado em torno das 18h, Fabiano foi submetido a tratamento cirúrgico de hematoma subdural frontal bilateral para implantação de cateter, para monitoramento da pressão intracraniana. O paciente se mantinha sedado e sob ventilação mecânica, ou seja, respirando por aparelhos. Ainda de acordo com o boletim médico, a pressão intracraniana era estável, e seu estado, embora também estável, era grave.

Circonstances
Um vídeo que mostra um grupo de dez rapazes agredindo de forma brutal o metalúrgico Fabiano Dias Rodrigues, de 23 anos (sic), na saída de uma boate, em Sorocaba [São Paulo], foi parar na internet e causa revolta entre os internautas. As imagens que mostram o grupo perseguindo, derrubando e chutando o rapaz caído são chocantes. Alguns internautas reclamam da demora da polícia em identificar os agressores, mesmo tendo as imagens à disposição. O crime ocorreu às 5h30 do dia 1.º de Junho na frente de uma boate, na região central da cidade. As imagens foram captadas pela câmera externa da casa noturna e mostram o metalúrgico correndo pela rua, perseguido por três rapazes. Um deles o atinge com um pontapé e o derruba. O rapaz ainda tenta escapar entrando no estabelecimento, mas é agarrado e puxado para a rua. Outros sete agressores se juntam ao bando e dão início a um verdadeiro massacre. Sem qualquer chance de defesa, Rodrigues é chutado pelo menos 30 vezes. Os agressores miram principalmente sua cabeça.Quando a maior parte do grupo se retira, com o rapaz já desmaiado no chão, dois agressores continuam a sessão de pontapés. Um deles, com requinte de crueldade, chuta várias vezes a cabeça da vítima e depois pula sobre ela com os dois pés. Esse agressor seria menor de idade. Um segurança do estabelecimento e algumas pessoas assistem à cena sem intervir ou chamar socorro. Quando a vítima finalmente é socorrida e levada a um pronto-socorro, estava em estado de coma.

Typologie de l'homme des foules
A polícia identificou ontem todos os envolvidos no espancamento do metalúrgico Fabiano Dias Rodrigues, 24 anos, ocorrido na madrugada do dia primeiro deste mês, na frente da boate Soft, na área central da cidade. Dos sete que faltavam ser identificados, quatro se apresentaram ontem, sendo um deles menor de idade. Entre os que se apresentaram está o rapaz Talisson Augusto Cleis, 18 anos, filho do agente penitenciário Robson Cleis, assassinado pelo Primeiro Comando da Capital (PCC) na primeira grande onda de ataque promovida pela facção em maio de 2006. Enquanto as investigações continuam, a vítima também continua a lutar pela vida. Fabiano Dias foi operado ontem, mas seu estado ainda inspira riscos de morte. O primeiro a ser ouvido ontem foi o menor de 17 anos que, segundo o delegado José Ordele Alves de Lima Júnior, titular do Quinto Distrito Policial, pouco colaborou com as investigações. O jovem, que no vídeo aparece com uma jaqueta preta e branca, não demonstrou nenhum sinal de arrependimento. Em seu interrogatório, o menor disse apenas que os seguranças realmente fecharam a porta, não permitindo que a vítima se refugiasse no interior da casa noturna para escapar das agressões.Depois dele foi a vez de Talisson Augusto Cleis, 18 anos, também conhecido por Sapo. Acompanhado da mãe e do advogado Claudinei Fernando Machado, ele não falou com a imprensa. O mesmo comportamento teve Alberto Gesteira do Nascimento, 19 anos, que no vídeo aparece escolhendo o melhor ângulo para também chutar a vítima. Já no início da noite foi a vez de Dênis Adriano Correa Leite, 18 anos, se apresentar. É ele que dá a rasteira e derruba Fabiano no chão pela primeira vez. Ele também é apontado como o segundo mais agressivo do bando, sendo o que pula sobre o abdome da vítima. Na gravação ele está com boné azul e blusa amarela. Ao deixar a unidade policial ontem à noite, Dênis Leite disse que gostaria de se desculpar com a mãe do Fabiano, Sebastiana Rodrigues, e com a própria vítima.

Commentaires

Il est dommage que cette vidéo ne soit pas disponible en lecteur exportable.

Elle aurait alors fait le tour de la blogosphère et Nicolas Vanbremeersch aurait ainsi pu continuer dans le déni de réalité... Plus les crimes que tous ces bien-pensants refuseront de voir seront énormes, et plus leur emprise sur les consciences s'amoindrira... la Glasnost pourra alors vraiment commencer...

Ecrit par : Criticus | 14/05/2009

Texte intéressant et rapprochements captivants comme toujours. Mais j'ai du mal à lire et donc à comprendre la citation commençant par «On cherche avec inflexibilité ... » et exposant deux possibilités sur l'origine animale du langage. Est-elle bien complète et sans coquille ? j'ai l'impression qu'il en manque une portion...

Ecrit par : Etienne | 14/05/2009

Étienne : j'ai vérifié, la citation est complète.
J'avoue avoir relu plusieurs fois ce passage, supposant qu'il manquait un mot ou même plusieurs dans le livre; non.
Les deux possibilités serait donc, dans notre extrait, séparées par le tiret semi-cadratin..., ce qui donnerait un langage volant au-dessus du sol ou, au contraire, pesamment accroché à lui.
Est-ce plus clair ainsi ?

Ecrit par : Stalker | 14/05/2009

Il m'est impossible de visualiser mentalement cette vidéo sans ressentir, littéralement, un frisson d'horreur comme je n'en ai jamais ressenti.

La guerre, si horrible soit-elle avec son cortège de massacres et d'exactions, a quelque chose de rationnel, d'épouvantablement rationnel, dans son déroulement. Elle peut invoquer des milliers de prétextes, de raisons, de causes, revêtant tous une apparence de vérité rassurante pour notre santé mentale.

Ce qui me choque ici, encore plus que la violence des faits, c'est l'absence de pourquoi. Même les nazis ont mis moins de fureur et d'application à exterminer les Juifs que n'en a mis cet homme - faut-il encore l'appeler du nom d'homme ? - a " finir " sa victime, alors que ses complices avaient pris la fuite.

Il y a une phrase de Radiguet gravée à tout jamais dans ma mémoire, disant : Il est rare qu'un cataclysme se produise sans phénomènes avant-coureurs. Celui-ci en est un, comme l'était déjà, dans une autre mesure, " l'Affaire du noctilien ", cette dernière étant presque burlesque en comparaison...

Ecrit par : Fantasio | 14/05/2009

on peut lire le livre 1 de la cité de dieu,et même sans être chrétien en homme.on peut lire aussi l'imitation de thomas bernard(l'imitation des faits divers)ou les exclus de jélineck,ou mauvais vivants de frédéric boyer(le capitalisme bâtisseur de nos origines à fait de nous des tueurs de faits divers)nos médias et nous!on peut écouter junger disant qu'il lui semblait vraiment étrange qu'on veuille supprimer la peine de mort juste quand le monde devenait de plus en plus violent(un lyrisme étrange si différent du silence des résistants).un collègue de travail me montrait sur son tel portable où trois gars foutaient des gnons à un autre.je lui dis ça t'amuses enculé,t'es fort toi!tu veux qu'on s'en mette des coups dans la gueule et rire!-non c'est un pote qui m'a envoyé ça!ces tarés!-un pote... et tu gardes ça pour rire,putain tu m'épates connard!tu vois je crois et je te dis ça avec mon coeur que dans des gars ya le mal,le mal absolu,sous diverses manières mais le mal existe absolument dans des êtres.le bien,j'en suis sur aussi,pour le comprendre un peu:le normal et le pathologique de georges canguilhem .mais aussi dans notre temps notre pays:lire l'otage et faire du monde du vivant de l'honneur avec ce drame,le pain dur,et le père humilié,pour ne pas sortir de l'histoire,y sommes nous encore,et comme pour moi,mon que fais tu bob?lire encore lord jim,puis relire littell,les bienveillantes,ce neuf livre encore,jeune fort,et veiller,s'éveiller reveiller

Ecrit par : bob | 14/05/2009

"Ce qui me choque ici, encore plus que la violence des faits, c'est l'absence de pourquoi. Même les nazis ont mis moins de fureur et d'application à exterminer les Juifs que n'en a mis cet homme - faut-il encore l'appeler du nom d'homme ? - a " finir " sa victime, alors que ses complices avaient pris la fuite."
Je ne sais pas s’il est bon de débattre de l’horreur. Mais il faut avoir vu certains enregistrements filmés d’ « expériences scientifiques » menées sur des enfants (et adultes, bien entendu, mais ce jeune garçon a sa souffrance imprimée à jamais sur ma rétine) dans des camps nazis par de vieux messieurs en blouse blanche. Il faut extrapoler et imaginer non pas l’œil froid d’un enregistreur automatique d’images mais l’œil chaud, sans doute même pas humide, d’un homme, collé au viseur, soucieux du travail bien fait, du bon réglage, de la bonne lumière. Et voir cet enfant, déjà si léger déjà presque déjà parti, cet enfant subir en sa chair dans l’ultime et inimaginable souffrance cette folie méthodique, non pas torture, mais expérience scientifique, non pas du fait d’un bourreau, mais d’un vieux monsieur en blouse blanche, non pas sous le regard d’un complice mais du caméraman investi d’une haute mission des hommes.
Sans doute les boucles de l’horreur se rejoignent-elles dans un innommable néant. Et voilà le spectateur tout autant désarmé par l’une et l’autre image, désarmé c’est évidemment peut dire. Gorge coupée. Tête écrasé. Le temps d’une vidéo.
Sans doute, mais tout de même, vos propos Fantasio, m’ont choquée. Je tenais à vous le dire. La violence justifiée n’est qu’une violence masquée d’un mot (et l’on ne sait rien d’ailleurs, Juan l’a précisé, de l’environnement de cette vidéo) ; Kurtz et le monstre ne sont jamais très loin. Et que faire ? Mon dieu, que faire ?
Amitiés.

Ecrit par : jos | 14/05/2009

Deux possibilités, avienne ou canine, opposées l'une à l'autre par ce tiret ? oui en effet, en me forçant un peu, j'y trouve un sens, mais je persiste à pencher pour la coquille (naît à la place de né par exemple à la fin, et déjà ça se redresse à mes yeux), vraiment la dernière période manque de nerf, de verbe ma foi. Merci pour la précision, et merci pour la suggestion de lecture.
[Ah bon sang, je viens de voir le titre original, 'FlugHunde' ! voilà que la citation s'éclaircit singulièrement. Mais bon, il faudrait lire l'originale en vo pour avoir son fin mot]

Ecrit par : Etienne | 14/05/2009

Ces images me hantent également. J'étais parti pour écrire une tartine, mais je crois que mon avis est largement partagé, alors je me contenterai de dire que certaines libertés sont plus précieuses que d'autres, et la liberté de circuler sans craindre de tels agissements en fait partie.

Ecrit par : Maxime Zjelinski | 14/05/2009

Votre note m’évoque, dans un tout autre ton, deux livres que vous avez sans doute lus ? Une analyse passionnée et révoltée mais sans complaisance, ni hystérie, ni déni, ni fascination dans « Essais sur le monde du crime » de Varlam Chalamov et « De Sang froid » de Truman Capote chez qui jamais les partis pris ou la fiction pour boucler sa narration ne cèdent aux fantasmes. Je m’en vais relire le récit de la Passion, et m’étonnerai encore de la présence de ses suivantes et de sa mère au supplice de Jésus. Pour ma part, je n’ai même pas le courage de cliquer sur le lien pour voir la vidéo que vous indiquez. Ai-je bien lu vos propos selon lesquels aucune source ou explication n’en indique la provenance ? « Cela s’est passé près de chez vous ? »

Ecrit par : Thérèse | 15/05/2009

Très belle photographie pour illustrer cet article !
Bon week-end à vous, nicolas

Ecrit par : simulateur aube | 15/05/2009

tiens , drôle de coïncidence , je viens de chercher la scène du viol dans "c'est arrivé près de chez vous" , sur you tube,Thérèse. Mais y'a pas.

Ecrit par : anne | 15/05/2009

Bonjour Juan,

j'ai lu hier ton article concernant le lynchage de cet homme en Hollande, apparemment, disons par là-bas... J'ai aussi regardé cette vidéo. J'étais horrifié. Mais force est de constater que cela ne choque presque plus personne et que nous avons accepté que ce soit notre quotidien...

Le grand lavage de cerveau a bien fonctionné et nous vivons dans un véritable système fasciste, celui de la loi du plus fort et du plus bête.
En effet, je crois que jamais la bêtise n'avait eu une si grande place dans notre société. Tout ce qui est idiot, brutal, vulgaire, j'en passe, celui là est automatiquement promu roi des rois.

Ce matin dans le parisien, dans l'article relatant le poignardage!!! d'une enseignante ayant osé! oh crime, punir un élève : "Lundi, un lycéen de 18 ans était poignardé à coups de tournevis dans son établissement de Vitry (Val-de-Marne). Dans son sac, on retrouvait une hachette. Mercredi, Sharif, 16 ans, est mort des suites de ses blessures après avoir été poignardé devant son collège de Trappes (Yvelines) la semaine précédente."
Cette semaine, dans le Val de Marne, un gamin de 16 ans a poignardé un autre élève devant un arrêt de bus. le motif?? Une querelle concernant le son trop fort d'un walkman!

Voilà notre belle France multiculturelle, sympathique et festive...

Dans les 10 ans, ce pays sera ravagé par une guerre civile impitoyable. L'Etat ne fera rien, il se désagrégera, il ne fait déja plus rien que gesticuler dans le vide... L'armée n'existe plus et ce qu'il en reste est pitoyable... On a déjà recensé des problèmes avec des soldats refusant de combattre en Afghanistan pour des motifs confessionnels!

Nous sommes les prochains sur la liste, tuer un blanc ce sera presque récompensé... Il ne faut pas se faire d'illusions...

Malgré tous les indices, les preuves flagrantes de la mascarade, on continue à faire la politique de l'autruche... Sur la même page du Parisien, ce matin, il y a à droite un bandeau "vidéos". Et comme pour faire écho à ce geste odieux de ce gosse, on nous propose des vidéos d'un "jeune" agressé par des skin-head!!
Il y a une quinzaine de jours,pile pendant l'affaire du noctilien, un article du nouvel obs relatait l'interdiction d'un concert de skin-head. Motif : incitation à la haine raciale. L'article insistait sur le fait que les paroles d'un des groupes étaient : "fiers d'être français".
Message : "voyez citoyens, la menace est bien là : l'extrême droite! non au fascisme!"

Alors voilà... 3 pauvres faits divers sur quelques idiots. D'ailleurs, ces idiots là, les skins, aucun sociologue ne fait de thèses de plus de 400 pages pour défendre le fait "qu'ils sont malheureux, qu'ils sont victimes de bandes racistes qui les briment et que c'est à cause de ça qu'ils sont tombés dans le repli identitaire, que la société ne les reconnait pas, que leurs actes sont des cris d'amours envers la société qui perd ses valeurs", blablabla...

Aucun expert-psychiatre, comme je l'ai vu l'autre soir chez Calvi (les discours énoncés ce soir là étaient abjects!), concernant l'affaire Fofana, pour défendre ces skins, en expliquant qu'ils ne sont certainement pas racistes... Pour expliquer, en tant qu'expert, que s'ils cognent un arabe aux cris de "sale bicot", c'est parce qu'il sont exclus, qu'il n'ont pas conscience de la portée de leur paroles... donc, qu'ils sont quasi-innocents...

Pendant ce temps, on subventionne le rap, des centaines de millions d'albums de haine et de bêtise pure vendus par an, des clips abjects de conneries en boucle à la télé, des paroles dignes de l'époque du Reich qui ne sont jamais censurées...
L'examen minutieux de 90% des productions de rap actuel montre un niveau de racisme, de haine, de violences, de conneries barbares, de vulgarité et d'abjection à peine croyable... Je ne parle même pas du niveau de dégradation atteint dans la langue!!! On est incontestablement plus poète chez les chevaliers du moyen-âge que chez les délinquants multi-récidivistes de chez Skyrock...
Pourtant, on étudie plus ces paroles à l'école que celles de Chrétien de Troyes... Ce qui expliquerait peut-être pourquoi en sortant de son cours de français, le petit X poignarde sa prof de math...

Bel exemple de la propagande typique journalistique : montrer l'arbre le plus possible ce pauvre petit arbre, presqu'un arbuste, pour tenter de dissimuler l'immense forêt, qui ressemble d'ailleurs plus à une jungle!!

Bref, mon ami, je crois bien que la messe est dite... Quoi qu'il arrive, nous avons perdu. Quoi qu'il arrive, on nous interdira de nous défendre, quoi qu'il arrive, nous sommes les prochains sur la liste...

Nous avons de quoi atomiser la moitié du système solaire... quand on voit à quoi nous sommes réduits, ce que nous sommes, nous les hommes, une pourriture sur patte, un pauvre accident des lois chaotiques de l'univers, je me demande encore pourquoi personne n'a eu la meilleure idée de tous les temps : appuyer sur le bouton rouge.

Bien amicalement.

Ecrit par : Un ami qui vous veut du bien | 16/05/2009

"la scène que nous montre la caméra de surveillance ressemble, sans toutefois l'acharnement et la haine de l'autre si typiquement humains, à l'un de ces films animaliers dans lesquels un félin, généralement une lionne, donne un coup de patte puissant à la proie qu'elle poursuit qui, jetée à terre, est immédiatement saisie à la gorge."
L'animal tue par nécessité, pour se nourrir et nourrir sa bande.
Or, nous voyons ici quelques "hommes" se placer bien en dessous de la condition animale. Mais patience, nous arriverons peut-être à des scènes de cannibalisme humain, ce qui, n'en doutons pas, apportera de l'eau au moulin de ceux qui persistent à trouver des excuses à ceux qui, pour le moment, tuent pour le plaisir. Ils vous diront :"mais c'est pour manger! la misère est telle en Occident pour nos immigrés qu'ils sont bien obligés d'en arriver à de telles extrémités..."
Avons-nous des nouvelles de la personne qui a rendue cette vidéo publique? Sûrement sous les verrous, ou suspendue de son job.

Ecrit par : Marine | 17/05/2009

Marine, il me semble bien avoir précisé que ce rapprochement était relativement faux !
Non, personnellement, je n'ai aucune information particulière concernant cette vidéo...
Un fait banal parmi des milliers d'autres n'est-ce pas...

Ecrit par : Stalker | 17/05/2009

"Ces images sont d'une extrême violence".
Dès qu'il est question d'image, devrait se glisser une ambiguïté, selon laquelle l'image peut être ce qui est montré, ou la monstration elle-même dans sa manière de montrer.
Ici, cette ambiguïté constitutive de l'image est hors de cause, puisqu'il s'agit d'une scène "enregistrée" par le soit-disant "oeil" de la caméra. Il n'y a aucune "manière de montrer", mais une image nue, sans représentation.
Tout cela est certes d'une grande banalité, mais me semble être la condition de possibilité de ce que j'ai ressenti, comme vous tous, devant ces images que j'ai à peine regardées.
En cette nudité de l'image réside sans doute la violence propre à notre temps; puisque je suis prêt à lui accorder le bénéfice du doute, et à supposer que nombreuses furent les époques aussi violentes en "fait", voire plus, que la nôtre.
Admettons donc que ce genre d'événement s'est produit à une fréquence relativement constante au cours de l'histoire.
Demeure qu'il revient en propre à notre temps de s'être démis de la tâche de représenter ses événements, livrés qu'ils nous sont par les caméras - qu'elles soient ou non de "surveillance" -, prêts à être "visionnés", c'est-à-dire consommés du regard, plutôt que vus.
La violence brute du "fait" est ici parfaitement accueillie dans celle de l'image préalablement mise à nue. La mort de l'homme, pour nous parvenir et nous toucher comme telle, exige la préalable mise à mort de l'image comme représentation.
Or la violence du fait est "brute" précisément en ceci qu'elle également se fait sans représentation.
Le scientifique nazi, par sa blouse blanche, son outillage, l'agencement de son laboratoire &c., se met en scène. Par-là il donne sens à sa violence, ce qui la rend toute autre, sinon lorsqu'on la voit (personnellement, des "images" d'une telle scène ne me seraient pas aussi pénibles à regarder), du moins par les réponses sensée qu'on peut y faire: pour faire cesser les crimes de nazis, de communistes ou autres socialistes qui se parent de discours, on peut les contredire, dénoncer leur science comme pseudo-science, &c. (même si, bien évidemment, ce ne saurait être suffisant - cela reste nécessaire: on ne fait pas la guerre aux nazis sans l'assortir d'une condamnation du nazisme.)
Dans le cas qui nous occupe, la violence n'a pas même ce degré minimal de médiatisation que lui conférerait l'usage d'une arme.
D'un bout à l'autre donc, il y a contact direct, sans jamais qu'entre nous et les non-hommes massacrant un corps d'homme soit introduit la moindre parcelle de sens.

On pourrait être choqué de ce que je donne l'impression d'être plus accaparé par la violence que je subis devant ces images que par celle subie par la victime. Mais les deux sont évidemment indissociables, dans la mesure où la victime, ayant très certainement déjà été elle-même confrontée à ce genre de vidéo, ne pouvait manquer d'avoir conscience, lors même qu'elle se faisait lynchée, - et même si c'est d'une conscience assourdie par les coups - d'être au coeur d'un événement tel qu'elle en avait déjà vu, et donc d'être cela même qu'elle avait vu, et qui l'avait, comme nous tous, hanté.
Ici comme partout le voyant et le visible sont intimement entrelacés, mais dans une vision sans la moindre mise en image, vision où la violence peut sans entrave de sens établir son règne.
Quand un homme du Moyen-âge se faisait lyncher par une foule, les images par lesquelles sa conscience, aussi réduite pût-elle être par la douleur, lui faisait voir ce qui lui arrivait, ne pouvaient qu'être celles des supplices endurés par le Christ lors de la Passion. Images hautement travaillées, et inscrites dans un cycle où se donne à voir l'Histoire de la Rédemption.
D'ailleurs, au Moyen-âge, la violence elle-même était le plus souvent investie de sens, et l'on torturait selon des procédés réglés par un ordre symbolique certes lâche, mais existant. Voir à ce sujet l'inventivité dont on fit preuve lors des guerres de religion.
Ici, d'un bout à l'autre, du sens.
A la question "que faire", le Stalker semble ne considérer que la parole dans le pur élément de la littérature. La parole est partout où il y a sens, et le sens est partout où il y a représentation, mise en scène, partout où il y a l'épaisseur de l'image.
Je répondrai donc à la question "que faire" par la suggestion suivante: donner à voir une violence mise en scène et ordonnée au sens du châtiment - donc une "violence" qui ne serait plus que l'homonyme de celle de la video -, par laquelle les non-hommes seraient mis à mort. C'est personnellement plein d'allégresse que j'emmènerais mon fils de trois ans voir se faire écarteler pendant de longues heures un de ces bipèdes sans plumes, qui emploient leur inexistence à nier l'homme sans malheureusement parvenir à être une bête que l'on pourrait tranquillement mettre dans un wagon et transporter à l'abattoir. Il verrait ainsi que la violence peut être humaine, justement quand elle se fête comme châtiment de l'inhumain. Et ainsi je lui épargnerais de penser que la violence serait le monopole du hors-la-loi, de ce qui est hors de toute loi et hors de tout sens, qu'elle serait le monopole de cette bêtise dont aucune bête ne s'est jamais vue affligée.

Ecrit par : Charles | 19/05/2009

Charles, remarquable commentaire, merci.
C'est d'ailleurs un peu ce que j'ai dit (mais vous avez développé) chez l'ami Criticus : notre violence est insoutenable de n'être absolument plus rattachable à un ordre symbolique :
"On peut également se venger pour faire justice, à condition que, par cette vengeance, celui qui punit le coupable estime rendre un service à la société tout entière, je ne vais pas allonger les références mais une bonne partie du cinéma nord-américain, nanars et chefs-d'oeuvre confondus, est basé là-dessus.
Une illustration assez subtile de ce dilemme m'a semblé avoir été donnée par Mystic River d'Eastwood.
Evidemment, le fait, en faisant ou se faisant justice, id est : en se vengeant, de penser pouvoir rendre service à la société, c'est admettre qu'existe encore, dans notre société hyper-individualiste, quelque chose comme une représentation mentale de la société, de la politique, de la religion servant de socle commun et transcendant bien sûr nos petits moi actifs et solipsistes.
En somme, le bouc émissaire, la victime sacrée, donc à la fois damnée et bonne, ne peuvent exister que dans une société traditionnelle, pour faire vite..."

Ecrit par : Stalker | 19/05/2009

Juan - et tous,

"... peut-être n'est-il pas, non plus, à la hauteur de son propre visage"...

Outre un merci pour ce "peut-être", qui introduit le doute - et donc l'humain, j'aurais tendance à te rejoindre sur ton "étrange hypothèse". Car, après tout, même si cela a déjà été dit et redit et rabâché, ne faut-il pas ne pas cesser de le redire: n'est-ce pas cela la condition humaine - "ne pas être à la hauteur"? - et le savoir (pour certains), et devoir vivre avec (pour tous)... Comment mieux dire qu'ici, chez toi sur ce blog, que la part d'ombre n'est là que parce qu'il y a la part de lumière, et que l'une n'existe pas sans l'autre... Qu'Homo sapiens sapiens est capable du mal parce qu'il est capable du bien, et - plus troublant encore - qu'il est capable du bien parce qu'il est capable du mal ("L'homme passe inifiniment l'homme" - Pascal)... Que c'est cette indissolubilité de ce lien entre les deux qui fait l'homme - et qu'en l'état de notre développement anthropogique (à ce stade de notre "évolution") cette indissolubilité est inévitable... Et qu'ainsi, si le visage peut être ce lieu de tous les acharnement les plus meurtriers, c'est justement parce qu'il est le lieu éminent où se constitue ce "lien" qui fait l'humain - le lien à "l'autre"?...

Je n'irai pas visionner la video: j'avais, en son temps, été très marqué par le visionnage d'"Irréversible'' à la télé, et bien plus encore après coup par le fait qu'il s'agissait d'une "fiction", c'est à dire que des acteurs professionnels avaient pu trouver en eux la capacité (je n'ose dire la force) de "jouer" - montrer à voir tout en s'en distançiant - une telle expression de violence (s'ils avaient "trouvé" pareille capacité en eux - quelque part dans leur imaginaire humain, cela voulait donc dire qu'elle était - le cas échéant, chez d'autres humains - dans leurs imaginaires tout aussi humains, non seulement présente mais "jouable en vrai"!?...).

Que faire?... Je ne sais pas (évidemment, et pardon de la banalité de pareil aveu - et même de l'avoir écrit)... J'ai conscience du décousu de mon propos (j'écris à chaud, un peu au fil de ma pensée)... Peut-être en fait - et à nouveau irrémédiablement (et donc, retour à la case départ), admettre que chacun de nous est toujours en situation de subir la violence ou de la produire, et après, croire au hasard le plus nu ou au "Tout est grâce" de Bernanos (cf "On ne meurt pas chacun pour soi mais les uns pour les autres" in Dialogues des carmélites")?... Je ne sais pas...

Merci encore - Bernard

Ecrit par : Bernard GRANDCHAMP | 19/05/2009

En réponse à Charles,

Mais "ces non-hommes" sont aussi "des hommes" (Homo sapiens sapiens)!... Et je suis l'un d'eux - potentiellement (ce qui pose l'immense question du "passage à l'acte" - et de l'acculturation à la non-violence qui est de fait l'attribut de toute société constituée et, pour nous modernes, de tout Etat...). Dès lors, me semble-t-il, rien ne nous protège de l'ultime question de notre capacité - à nous donc à moi et donc à nul autre que moi et sans possibilité de m'en défausser, rien ne me protège de l'ultime question de ma capacité d'exercer la violence sur autrui...

A cette aune, me semble-t-il encore (et merci au Stalker-Juan de constamment insister sur le rôle central de la "parole", c'est à dire de ce moyen si humain de distanciation - et de médiatisation), lorsque le groupe, la société, investit, institue ("in" : dans) un de ses membres (qu'il soit bourreau, qu'il "pense pouvoir rendre service à la société", qu'il soit "médecin en blouse blanche", ou pilote exécutant une frappe chirurgicale...), cet "investissement", cette "institution" même ne sont -ils pas en fait des sortes de membranes protectrices offertes (!) par le groupe, la société, afin d'anesthésier en quelque sorte en celui qui est ainsi investi ou institué (afin de lui permettre de vivre avec) l'écho de cette anthropologique question de l'exercice de la violence DIRECTEMENT - "d'homme à homme" (car, s'il n'y avait pas cette "anesthésie" préalable - fût-elle médiatisée par une "fausse parole" telle que la pratiquèrent au XXe siècle nazis et staliniens ou par une parole légitimée en son temps telle la "Sainte Inquisition", cet "écho" immémorial serait par trop insupportable)?... En corollaire, cela renvoie aussi en partie à ce que fut le "duel - jugement de Dieu", et la conception de la guerre qui en découlait (voir par exemple la distinction guerre d'honneur / guerre moderne que fait PEGUY - in "Par ce demi-clair matin", Pléiade "Oeuvres en proses complètes" II)

Bien à vous - Bernard

Ecrit par : Bernard GRANDCHAMP | 19/05/2009

Lu dans La Voix du Nord la semaine dernière que l'on a retrouvé dans une forêt de la Somme un retraité lardé de 40 coups de couteau, dont dix portés au visage et à la tête: il voulait passer quelque temps dans sa hutte de chasse à côté de laquelle il aimait à cultiver son jardin potager; on ne lui connaissait aucun ennemi.
Les évocations par les excellents lecteurs du Stalker du triste Irréversible, certaines de ses images me sont revenues à la mémoire. Mais je pense que ce n'est pas un très bon film. Je pense aussi à un film avec E.Norton, American History X qui commence par une tête fracassée à coups de pied sur le bord d'un caniveau. Quant à C'est arrivé près de chez vous, j'ai eu du mal à supporter la scène du viol.
Coïncidence: un de mes anciens élèves a été poignardé au cours d'une rixe ce week end dans la région de Valenciennes. Il avait seize ans.

La miséricorde de Dieu est certes infinie, toutefois il est des crimes auxquels la justice des hommes, tels ceux évoqués, doit répondre sans faiblesse.

Ecrit par : Dienne | 19/05/2009

Juan, je ne suis sûrement pas le seul ici à ne pas lire le portugais : pourriez-vous nous dire, grosso modo, ce que dit cet article vers lequel vous linkez ?

Ecrit par : Maxime Zjelinski | 19/05/2009

Maxime, j'ai implémenté le lien.
Très vite :

C'est par le biais d'un travail de longue patience et d'enquête que la police de Sorocaba, à 100 km de São Paulo, a arrêté le dernier des huit assaillants qui ont battu Fabiano Dias Rodrigues, 24 ans, au mois de juin de cette année. Selon José Alves de Lima Ordele de la 5e DP, le criminel de 19 ans se trouvait dans une maison de la côte de São Paulo. Avant, il avait résidé dans deux autres villes. Il a admis avoir utilisé des drogues durant la nuit du crime etc.
Désolé, Maxime, de n'avoir franchement pas le temps d'aller plus avant !
Essayez de traduire le texte brésilien en utilisant les outils linguistiques de Google.
Le résultat sera sans doute très fantaisiste par endroits mais vous donnera tout de même une assez bonne vue d'ensemble...
Sans le nom du jeune homme battu, il m'a été particulièrement difficile de contextualiser cette vidéo mais, vous voyez, avec un peu de peine, on parvient à tout sur la Toile... ou presque.
Merci aux derniers commentateurs.
J'ouvre rarement mes notes aux commentaires, vous savez donc que j'attache un grand prix à la qualité de vos interventions.

Ecrit par : Stalker | 19/05/2009

À propos de nazis, on me pardonnera une assez longue citation, que je crois appropriée au sujet.

« Nous autres Allemands suivons en tout la méthode et la raison, et non pas l'instinct bestial. Nous opérons, en tout, scientifiquement. Quand c'est nécessaire - mais seulement quand c'est nécessaire - [...] nous imitons l'art du chirurgien, jamais le métier du boucher. Avez-vous jamais vu un massacre de Juifs dans les rues allemandes ? Non, n'est-ce pas ? Tout au plus quelques manifestations d'étudiants, quelques innocents chahuts de gamins. Eh bien, pourtant, dans quelque temps, il n'y aura plus un seul Juif en Allemagne. [...] Tuer les Juifs n'est pas dans le style allemand. » (Kaputt, Malaparte, propos du generalgouverneur de Pologne Frank rapportés par l'auteur au cours d'un excellent dîner.)

Plus loin il est question du " visage secret " de Frank, de cette " zone obscure et profonde de l'esprit " dont Malaparte attend la révélation à travers un geste, une parole, " un acte gratuit "...

Autre élément capital sur lequel on n'insiste jamais assez : l'âge. De 16 à 19 ans pour les agresseurs de la vidéo... " Chahuts de gamins " en Allemage nazie... Jeunes de banlieue chez nous... Tous à peine sevrés du lait maternel. Quel rapport trouble entretient-on avec la parole à cet âge, le plus proche finalement de notre état primitif ?... On sait que " enfant " veut dire " privé de parole " étymologiquement. Je crois aussi savoir que les membres du bien nommé gang des barbares (dont une fille de 14 ans) ne disposaient que d'un nombre très limité de mots pour s'exprimer (on s'en doutait, me direz-vous). Tout cela couplé à une poussée hormonale, l'entrée dans l'âge adulte, l'effet de groupe bien sûr... Le diable a un visage d'ange, dans tous les sens du terme.

Ecrit par : Fantasio | 20/05/2009

Fantasio : tout à fait.
C'est bien pour cela que certains, qui m'ont reproché d'avoir fait "parler" Fofana avec des mots qui n'étaient pas les siens, n'ont strictement rien compris.
En fait, j'ai tenté de me mettre à l'écoute de la rumeur qui hantait la cervelle de ce salopard : rumeur composée de mots avilis, mensongers, tueurs.

Ecrit par : Stalker | 20/05/2009

Cher Stalker,
Dans l'émission Concordance des temps du samedi 4 avril sur France Culture, Robert Muchembled, auteur d'une histoire de la violence du Moyen Âge à nos jours, expliquait que la violence est d'abord et avant tout un phénomène de bandes de jeunes et qu'elle n'a cessé de décroître dans les sociétés occidentales après les acmés successifs de la Guerre de cent ans et des guerres de religion.
La fait-diversification du monde égarerait-elle notre sentiment du monde, voire notre raison? J'ai 40 ans, je parle une langue menacée de mort, et mes souvenirs de collégien, de lycéen ne composent pas le tableau d'une société aussi violente qu'elle me paraît l'être aujourd'hui: ?

Plusieurs de mes amis pratiquent les arts martiaux; j'ai moi-même pratiqué l'escrime à l'épée pendant une dizaine d'années. Dans ces disciplines, le respect du code de l'honneur, de l'adversaire (valeur dépassée, n'est-ce pas?) est essentiel. Je recommande au passage la lecture d'un très bel ouvrage paru aux éditions Champvallon, "Croiser le fer, violence et culture de l'épée..." Le mot culture est ici capital. Celui qui a écrasé à coups de pied la tête d'un jeune homme à terre, hors d'état de se défendre, ne mérite pas son rang d'homme: il ne le tient pas. " On ne frappe pas un homme à terre." J'ai peut-être l'air stupide de citer cette phrase, mais je la tiens pour l'un des piliers d'un commencement de civilisation. Les dégâts neurologiques qu'il a causés sont probablement irrémédiables. Il a sans cause détruit une vie; sa faute est irrémissible à mes yeux d'homme. Il devrait être livré aux mains d'un expert en arts martiaux dans un dojo ou à un sabreur, qui lui apprendrait les bonnes manières. Salut à tous. daniel dienne

Ecrit par : DIENNE | 20/05/2009

la poursuite impitoyable montrait la masse haineuse qui tout à coup se rappelait qu'il lui fallait des excitations haineuses,et des sacrifices,tout cela en bourgeois chez les bourgeois,le film en avait plus à la bourgeoisie qu'à la masse folle haineuse. tout ce que sociologues philosophes etc disent en ce moment dans les débats télé(un hier soir sur la 3 tadeï)disent,il n'y a pas plus de violence,surement bien moins,qu'avant:un débat 20 fois entendu depuis un mois.mais cette violence actuelle,et toute violence à toulouse bordeaux marseille(je dis au hasard)comme dans les banlieues parisiennes,de toutes villes et de toutes les campagnes de France et d'ailleurs,elle est bourgeoise(même la plus défavorisée!reste bourgeoise à fond libérale,écran plat,ipod nike la oui...pour faire du combat,pour faire exploser la tête,wii),c'est celle qui est cristallisée dans le "travailleur" de junger.Et la théorie des masses folles de broch,et bien elle est dépassée(et il le sait,mais broch lutte cherche),car elle cherche des causes alors que junger à compris que c'est sans cause,sauf que l'existence ne supporte pas dans le temps,dans l'histoire la bourgeoisie,le libéralisme total,et que le travailleur est une figure mouvante prend le nom de figure,dans mobilisation totale,avec un chef,cela ressemble au travail des abeilles,d'ailleurs il faut bien lire,cet autre livre de junger qu'on dit "un conte philosophique",mais qui est un livre de faits actuels!Les abeilles de verres!mais que fait-on?On fait de la littérature comparative,de la sociologie comparative de l'histoire comparative,et on dit c'est affreux cette ultra violence,mais on va mieux par rapport à l'histoire passée.pour moi malheureusement c'est faux,la violence est là comme un silence avant un orage au pieds des falaises de marbre,moi en tout cas je la sens partout dans mes collègues dans ma famille...avec un sang froid,comme figurée formatée en figure à venir possible à tuer,dans la poursuite impitoyable il y avait cette montée d'adrénaline de jouissance à tuer un homme.Là non,sang froid,et un petit rictus comme un sourire regardant des bastons,un peu comme popeye dans sanctuaire,qui roule sa clope,il est calme,et dans une heure quand il y aura beuverie violente,"le mal" sera dans la grange avec la bourgeoise blonde et l'épie de maïs,et le grand noir horrifié voyant:de peur se tait ne fait rien...(c'est un fou popeye,pathologique atrophié de la queue,mais le témoins d'une grande force , un débile certes sensible mais qui ne peut rien faire et ne fait rien et faulkner montre le rien faire avec génie en live) .le livre de junger est très différent de celui de broch sur les masses(et là plus de débilité!). Et il faut lire les deux cote à cote!!! et on voit comme la mobilisation totale dans le travailleur les forces nouvelles semblent neuves prêtes à l'emploie alors que broch lui analyse et son action lui qui veut être actif dans la vie et le coeur de l'homme,quitte à devenir écrivain malgré lui,son action n'est plus à venir(j'aurais tant aimé que broch poursuive le tentateur malgré tout(son arrestation,il voit venir son couac!) et Blanchot dit qu'avec la mort de Virgile Broch à enfin trouvé du réel car s'en est de sa vie,mais pour moi il l'avait trouvé dans le tentateur,mais le destin a fait qu'il du aussi parler de lui artiste homme voyant une fin d'époque bourgeoise comme la fin de Rome,mais il s'est trompé cela allait continuer.Comme c'est émouvant et triste à la fin du tentateur de voir marius ratti élu au conseil du village comme un bon bourgeois,mais quand même broch a le génie de faire de ce marius ratti un homme de son temps le super bourgeois:un Homais(ancien chef de bande...).Et on dit que la violence de notre époque est comme celle de toute époques et je pense que non! partout en europe des groupes des partis extrêmes dans la droite et la gauche et par delà la politique,se modernisent:les figures,les travailleurs,les abeilles de verre les sauterelles d'isaïe et Heidegger avait bien saisit dans le travailleur la force et ses moyens de la figure et ces mise en actions possibles,chez junger il n'y a plus l'individu ni la masse!mais la masse possible a détruire ou plutôt à être détruite.Et après on étudie les causes!(qui d'ailleurs chez tous les spécialistes sont très proches,ils sont comme lasse de leur travail et de nous rassurer,rien de différent à venir,c'est la météo)Non chez lui il y a cette figure qui comme dans le meilleur des cas est la figure abeille,mais on va vite vers les sauterelles d'isaïe,et des destructions de masse aveugle par la figure... fonction...mission...Broch était voyant dans le tentateur et déjà dans la dernière partie du virgile il doute comme virgile,et il n'y arrive plus,on ne voit pas poindre dans la fin du livre la cité de dieu! et même s'en est déjà fini les falaises de marbre,les hordes barbares de chiens et le salut par les vipères,on est entré dans les journaux de junger et littell est là,et lui voit enfin junger dans les début des journaux fébrile,d'une autre guerre,il le suis en russie quand junger arrive,max aue...il le suis au caucase,et vois junger maitre...et plus de temps pour junger,mais pour les masses détruites assassinés et les bienveillantes finissent aux pieds de l'arc en ciel de la gravité,et la violence chez bolano,et les livres de prigent "grand mère quéquette"et les vaches qui crèvent,et bien sur d'autre livres,et on ne peut pas dire que la littérature française est morte,comme on ne peut pas dire que notre époque n'est pas violence et violence à venir.quand on lit les bienveillantes qu'on lit les chiffres de morts les millions de mort,et les statistiques d'un château l'autre changeante.mais les page 29 30 31 édition de poche des bienveillantes,allez lire ça et dire que la violence est constante ça passe pas,et même si comme le montre littell on aurait eu pu avoir autant de mort sans guerre,il y a la manière,les moyen la fin qui compte pour tout homme ayant mémoire et souvenir,il y a les livres,qui frissonne la violence à venir,2666,l'arc en ciel de la gravité,les bienveillantes,les livres de prigent pour savoir encore dire l'émotion du réel,des livres modernes.mais qu'on me dise qu'il n'y a pas de figures aujourd'hui pour des violences inouïes,que tout va comme hier,pour moi on se trompe beaucoup.Dire que la littérature est morte,la poésie,la française,que la violence en littérature géniale est anglo saxone,ou hispanique,est qu'en France rien est!pas de poésie pas de roman,pas d'écrivains,et bien c'est une belle connerie,car tous lisent anglais(ils aiment lire dans le texte,mais moins apprennent l'allemand pour lire goethe heidegger broch musil junger jahn etc)le monde comprend l'anglais (mal)l'espagnol(un poco),on pense moderne comme ça!la france ,l'allemagne,c'est nul!mais personne fait l'effort de lire les modernes lisez ceux qui merdRent de prigent,ça parle du mal de la violence c'est moderne,c'est utile,ou salut les anciens salut les modernes de prigent toujours il ne cherche pas à faire le malin de savoir qui est le génial français moderne,il salut les anciens.On été pas si nul et dit salut les modernes c'est parce qu'il en pressent,ou d'autres qui feront d'autres absolument modernes.mais il se fout de la question de la littérature française,vivante ou morte,elle est pas morte il y est et d'autres que peu cherchent tant ils veulent être dans le coup!pour tous les pays il y a l'auteur qui sauvent,la référence,au portugal Pessoa est tranquille qui va le gronder?par contre déjà on commence à douter de bolano de littell de pynchon,mccarthy est encore protégé par le cinéma,mais en France quelle horreur,tout est nul,sauf les amis,qui disent du bien des amis,et lisent leurs livres aux fans.Et sont révoltés par la violence,par le téléchargement illégal,si on est nul pas besoin de télécharger l'art français qui est nul,et nous aussi travailler 35 heures par semaine et avoir lu des milliers de livres,pas tous français ,la littérature n'est pas française,mais ni anglaise ni américaine ni hispanique,elle est ou pas,peut être un mec en france écrit comme van gogh alors pour l'instant il écrit de la merde,francis giraudet s'est suicidé il n'y a pas si longtemps qui l'a lu qui connait l'oeuvre de ce grand poète,un, sur, le sait!Hubert Lucot,mais on préfère les amis les fans,mais on n'est pas violent d'être aveugle est sourd a un vrai poète.Non on est pas postmoderne ou postrock ou postpoésie...on est entourés de figures d'une violence inouïe à venir là!Comme dit rimbaud dans Génie

Son corps! le dégagement rêvé,le brisement de la grâce croisée de violence nouvelles!
Sa vue,sa vue!tous les agenouillages anciens et les peine relevées à sa suite.
Son jour!l'abolition de toutes les souffrances sonores et mouvantes dans la musique la plus intense.
Son pas!les migrations plus énormes que les anciennes invasions.
O lui et nous!l'orgueil plus bienveillant que les charités perdues.

O monde!et le chant clair des malheurs nouveaux!
Il nous a connus tous et nous a tous aimé.Sachons,cette nuit d'hiver,de cap en cap,du pôle tumultueux au château,de la foule à la plage,de regards en regards,forces et sentiments las,le héler et le voir,et le renvoyer,et sous les marées et au haut des déserts de neige,suivre ses vues,ses souffles,son corps,son jour.

Ecrit par : bob | 21/05/2009

Lorsque nous regardons un lion dévorer une gazelle, nous ne le trouvons pas cruel, même si les images sont insoutenables. Les chimpanzés font bien pire encore; ils dévorent les petits singes sous le regard de la mère. Nous ne sommes pas des bonobos. Nous sommes génétiquement de sympathiques chimpanzés, violents, cruels. Les humains mâles à 18 ans peuvent monter à 3000 taux de testostérone, lorsque les femmes plafonnent à 300, et les femmes violentes ont souvent des taux hauts. Est-ce que l'humain est responsable de sa violence? Sommes-nous nos pulsions?
Mon berger allemand avait tué 6 innocents moutons en quelques minutes. Pour rien, même pas pour les manger.
Ce qui me réconforte, c'est que vous soyez ici meurtris et écoeurés par des images de violence. Cependant, nous sommes tous capables, de battre une personne à mort, de la tuer, nous en sommes à mon avis, tous capables. Il suffit de ressentir de la colère et de la haine. J'avais téléphoné à une association pour hommes violents qui organisait des groupes de thérapie, je leur posai cette question: Combien d'hommes dans vos groupes ont été violés dans l'enfance et combien ont été battus? La réponse: Oh, nous n'avons pas les chiffres, mais violer, oh un sacré paquet. J'insistai. Oh la moitié, à vue de nez. Ce n'est pas officiel, mais je dirais oui, la moitié. Ah merci, par qui? Oh souvent par le père, dans la famille. Ah, et combien de ces hommes ont été battus dans leur enfance? Oh presque tous.
Ce qui m'étonne dans l'humain, ce n'est pas le fait qu'il soit violent, mais c'est qu'il réussisse à se choquer de sa propre violence, qu'elle lui fasse horreur.

Merci Stalker pour cet article.

Ecrit par : Chita | 22/05/2009

" Ce ne sont pas les pensées qui distinguent spécialement l'homme de bien du méchant. L'humeur secrète des âmes est à peu près la même. C'est une caverne obscure, habitée de toutes sortes de bêtes, bien et malfaisantes. Le méchant ouvre la porte de la caverne et ne lâche que les dernières. L'honnête homme fait le contraire." Denis Diderot

Ecrit par : Dienne | 23/05/2009