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21/03/2007

Renaud Camus et sa société des lecteurs à l'intelligence camuse plutôt que camusienne

Valérie Scigala tentant de nous avertir du péril fasciste
Photographie : Valérie Scigala tentant de nous avertir du péril fasciste.



«Il se trouve que Renaud Camus a donné son accord à Juan Asensio pour figurer dans cette liste d'infréquentables.
Je ne sais s'il savait en quelle compagnie il allait se trouver.»
Valérie Scigala, propos daté du mercredi 14 février 2007, déposé en guise de commentaire sur son blog.

«Je vous ai simplement expliqué qu'un certain nombre de lecteurs dont je suis regrettent de voir Renaud Camus classé parmi les infréquentables côte à côte avec certains écrivains ou philosophes que nous ne goûtons guère, et qu'on puisse trouver des qualités à ces infréquentables, à commencer par une liberté de ton et de pensée, n'y change rien.»
De la même, sur un site encore plus obscur.

«[...] n'avez-vous pas remarqué l'obsession couillière de bidibule [votre serviteur] ? [P]seudo-mâles, hongres, et je suppose qu'il devait en traîner d'autres dans tout ce que je n'ai pas lu. Ce jeune homme a un gros pb [sic] de testostérone, je crois, et il semble persuadé qu'on réfléchit avec les couilles (ce qui expliquerait beaucoup de choses, remarquez).»
De la même, sur un blog en forme d'urinoir, propriété exclusive de M. Didier Goux, cacographe.



Derniers développements de notre bluette gersoise : le forum de la société des lecteurs de Renaud Camus, après m'avoir menacé d'un procès pour insulte et diffamation (j'ai en effet écrit à quelques manchots prognathes qui y ont abandonné leur couvée qu'ils n'étaient même pas dignes de glisser sur une banquise), a fermé ses portes pour quelques jours, afin, selon les termes de son responsable, de calmer les esprits (de plus, les interventions relatives à cette lamentable polémique ont toutes été effacées).
Voyons, ne me regardez point tous ainsi, je vous jure que je ne me suis même pas énervé...
Et puis, comment peut-on me soupçonner de ne pas aimer les manchots ?

Rappel, avant les réjouissances, des portraits d'Infréquentables publiés dans la Zone.
Ernst Jünger, par Dominique Autié.
Pierre Boutang, par Francis Moury.
Bruno Dumont, par Ludovic Maubreuil.
Joseph de Maistre, par Olivier Bruley.

Valérie Scigala, qui a consacré dans le numéro hors série de La presse Littéraire un texte aux différents ouvrages de Renaud Camus, insinue bassement depuis quelques jours un certain nombre de mensonges qui entachent non seulement ce travail (le mien et celui de tous les rédacteurs que j'ai réunis) mais les intentions mêmes qui y ont présidé : à savoir, évoquer des auteurs qui pour de fausses voire sordides raisons, ne sont point suffisamment (ou alors mal, très mal) lus. Les différends peuvent et doivent exister bien sûr, au sein de pareille équipée. Il y a quelques jours, je répondis à Jean-Louis Kuffer qui avait consacré sur son excellent blog un papier critique aux Infréquentables. Ygor Yanka le fit à son tour, cette fois en évoquant la figure de Paul Léautaud, dont la présence étonnait Jean-Louis dans notre dossier. Tout cela est de bonne guerre. Ainsi, Jean-Luc Evard, dont je publierai dans peu de temps le bel article écrit sur Oswald Spengler, s'est déclaré choqué par le texte que Rémi Soulié a consacré à Carl Schmitt. Que croyez-vous que Jean-Luc a fait ? Evard étant un homme qui a une certaine élégance intellectuelle, disons une classe naturelle parfaitement étrangères, l'une et l'autre, à Valérie Scigala, étudiante à la traîne remplissant son blog des cours d'Antoine Compagnon (lui a-t-elle demandé sa permission ?), il a tout simplement écrit une lettre à Rémi Soulié, accompagnée d'un long article qu'il fit paraître dans Les Temps modernes évoquant la question de l'antisémitisme de Carl Schmitt. Rémi m'a dit qu'il lui avait répondu. Un échange de critiques argumentées en somme, voilà ce que Valérie Scigala a été incapable de nous offrir, se contentant d'aimables considérations sur mon éburnéenne (attention : faux-ami) anatomie.
Voici donc, avec Jean-Louis Kuffer, Ygor Yanka, Jean-Luc Evard et Rémi Soulié, de beaux exemples de démarche critique, de confrontation voire de dispute qui est bien évidemment d'une tout autre portée que les transpirations morales vite évaporées, les insinuations aussi rapidement rentrées que craintivement lâchées, les troubles digestifs mineurs, les lilliputiens désordres atrabilaires, les flatulentes pseudo-critiques qui n'en sont point vraiment puisqu'il s'agit d'opinions banalement plaquées sur un sujet tout de même complexe, émis par Valérie Scigala sur le blog d'un certain Didier Goux, ou Gousse, ou Gouse je ne sais plus, blog tellement nul, ridicule et inepte, d'une sottise comiquement pachydermique, que je ne prends pas la peine de l'indiquer. Il s'agit tout de même, vous l'aurez remarqué, de ne pas rendre irrespirable l'atmosphère passablement confinée du blog de Scigala nous serinant son petit Compagnon illustré, tout en allant polluer celui de l'apparemment imputrescible crétin Didier Goux trop heureux d'ainsi s'aplatir pour que sa belle vienne sur sa truffe se débarrasser de la gou..., pardon, de la bouse collée sous ses sabots.
Si, apparemment, nous sommes toujours l'infréquentable d'un autre, il y a de fortes chances de penser que Didier Goux est le bouffon volontaire de Valérie Scigala.
Fine équipe.
Rassurez-vous, je continue les présentations : vous allez constater quelle galerie d'ânes, de moutons, de caniches, de manchots et, autant le dire, de verdâtres serpents abrite la société des piètres lecteurs de Renaud Camus (ou SPRLC). Le dresseur de toute cette ménagerie ? Lui, il brille par son absence, alors qu'aucun Monsieur Loyal n'est en vue sous le chapiteau...


Car enfin, il est tout de même fort comique de constater que cette personne, illustre inconnue hors du cercle restreint du Club de belote condomoise, Valérie Scigala dont les prénom et nom m'ont été suggérés par Renaud Camus lui-même (puisque celui-ci ne désira point que Paul-Marie Coûteaux écrivît, comme ce dernier m'en avait signifié le souhait enthousiaste, sur ses ouvrages), personne toute de noir vêtue que je rencontrai à une soirée à la fin de l'année passée et qui, m'ayant été présentée par Camus, passa, en ma compagnie si je puis dire ou plutôt tentant de la fuir, le reste de sa soirée à regarder le plafond, mes chaussures (des Weston il est vrai, notre galante se piquant d'élégance fut ainsi servie; impeccablement cirées, elle put y contempler son propre sourire vague, son regard qui ne l'était pas moins) ou bien par-dessus mon épaule histoire de voir si je m'y trouvais malencontreusement (apparemment, oui...), il est donc comique de constater de quelle façon peu digne cette benoîte Scigala avoue à demi-mots sa répugnance délicate et mesurée quant à la présence navrante de Renaud Camus au milieu de si épouvantables bonhommes (Racine, Berlioz, pensez donc !).
Car enfin, il est hautement comique de voir que Valérie Scigala, je le remarquai assez vite fort troublée lors de cette soirée, pauvre petite Jehanne n'entendant d'autres voix que celles de sa circonspecte sottise et de sa trouille minaudière, de se trouver en face du diable habillé en Kenzo, Valérie Scigala qui pendant plusieurs semaines a été dûment tenue au courant non seulement de la liste des écrivains qui seraient abordés dans le cadre de ce dossier mais de chacune des moindres modifications apportées à tout ou ensemble des textes et qui, en conséquence, a reçu une bonne vingtaine de messages provenant du château de Tiffauges où il est bien connu que j'habite, y dévorant d'innocentes jeunes filles et de prépubères garçonnets, il est fort comique écrivais-je que notre ménagère se piquant de lettres avoue à mots louches son embarras que Renaud Camus, à son décor fendant (l'un des jeux de mots prisés par nos sociétaires), se retrouve au milieu de si épouvantables réactionnaires (Illich, Gombrowicz, rendez-vous compte!), tellement monstrueux que, sur le bout de nez mutin de Valérie, a poussé comme un champignon disgracieux un fort vilain bubon rempli de toute l'affreuse gêne éprouvée par notre sabine Scigala depuis qu'elle aussi a été ravie de force pour grossir les rangs indéfendablement infréquentables des violeurs Teutons. Apparemment, la belle prise, de haute lutte conquise, a été pourtant renvoyée dans sa tribu de nains brailleurs, où le retour de la vestale a été salué par une levée de gousiens organes : je parle bien évidemment de ces flaccides petites trompes avec lesquelles les camusiens communiquent sur leur forum et qu'ils dressent, lorsqu'il faut défendre leur approximative figure votive, comme des flamberges de sucre.
Car enfin, il est tout de même fort drôle de constater que cette lectrice pour rire de Renaud Camus, face à un ogre qui l'invitait cordialement dans la revue dont il dirigerait un des numéros, et qui, pour qu'elle consacrât à Camus son article, dut composer avec la visible gêne de Paul-Marie Coûteaux pour le moins refroidi par la fin de non-recevoir exprimée publiquement à cette même soirée par Renaud Camus, a attendu que le numéro de La presse Littéraire paraisse pour, à demi-mots fuligineux, hésitante comme à son habitude parfaitement nocente pour ne pas dire nocive, rasant les murs virtuels contre lesquels le gibbeux Didier Goux (le plus inénarrable des pantins cacographes exposés par nos cacochymes sociétaires) n'en finit pas d'uriner afin de marquer son territoire de caniche perruqué plutôt que de fauve, se demander si Renaud Camus, pauvre homme et auteur honni de toutes les ménagères de moins de cinquante ans, supportait d'être parqué dans quelque prison de Guantanamo en compagnie des dangereux criminels multi-récidivistes que sont Maurice G. Dantec ou même Paul Léautaud, ces barbus des Lettres. Apparemment, notre prisonnier, oui, supporte parfaitement sa très rude captivité même s'il a subitement perdu la parole. Ses dures conditions de détention vous dis-je, voilà ce qui l'a rendu aphasique...
Car enfin, il est tout de même très amusant de constater que, ne pouvant dépasser une publication de 160 pages, je dus me résoudre à demander à l'ensemble des contributeurs s'ils acceptaient que leur texte soit publié uniquement sur la Toile : je recevais les réponses spontanées de MM. Dominique Autié et Francis Moury (ainsi que quelques refus appuyés), point trop chagrinés que leur texte ne soit pas imprimé, mais, j'ai eu beau chercher dans le dédale de ma correspondance, certainement pas celle de Valérie Scigala, trop pressée (mais toujours fort discrètement, timidement, sans faire de vagues, sans oser glisser plus qu'une œillade de biche apeurée vers Celui qu'il ne faut pas fixer de peur que..., etc.) de se voir publiée. Cela ne l'empêcha pourtant pas, pensez-vous donc, d'affirmer sa gêne de se voir ainsi exposée au milieu des barbares, sans trop s'y attarder toutefois, sans trop s'appesantir, fixant un regard puis ne le fixant plus, un pied puis l'autre, implorant le soutien de ses tudesques demi-hommes que sont les Jacques Vacher, Guillaume Cingal, Didier Goux je l'ai dit et autres eunuques bavards parasitant le forum des lecteurs de Renaud Camus de leurs crasses, le plus souvent stupides et finalement fort prétentieuses interventions.
J'ajoute que j'ai été personnellement fort surpris, et mes amis, également contributeurs de la revue, Francis Moury, Germain Souchet et Ygor Yanka l'ont été tout autant sinon plus que moi, de constater que les procédés utilisés durant la campagne de diffamation honteuse que Renaud Camus dut subir naguère, ont été appliqués point par point (mais à sa toute petite échelle torve, délicate, doucement acidulée et jamais complètement inélégante, bref, scigalienne), par l'intrépide élève qu'est et sera toujours d'ailleurs cette dame timide, avec bien évidemment beaucoup moins de talent, d'opiniâtreté et même de courage que n'en avaient déployé les lamentables petits censeurs qu'elle s'est fait un devoir, on s'en doute encore, de vertement morigéner lorsqu'ils s'en prirent lâchement à Renaud Camus. J'ajoute que l'imbécile Didier Goux, apparemment tombé en amour de son ravisseur ogresque, ne sait plus trop comment, au moyen de quels jeux de mots pathétiques, bien faire comprendre que mes idées politiques, que mes fréquentations à la brune venue, que mes professions de foi (plus supposées que réelles), bref qu'un ensemble accusateur de faits, un faisceau convergent de gestes et d'indices précieusement colligés par ce sous-morpion de brousse féminine, constitue une imparable évidence, résumable par ce truisme : Asensio est un sale type qui lit de fort vilains livres et ne craint pas, en moderne chanoine Docre qu'il est, de se vautrer dans la boue sanglante des orgies où l'on boit dans des crânes du sang de vierge.
Très vite ainsi, la pudique et rubescente Valérie Scigala a révélé sa véritable nature : de même la belle femme que Thibaud de La Jacquière mit un peu trop vite dans sa couche, lorsqu'il se réveilla de son ivresse, exhala des arômes pour le moins douteux. Ne pouvant, sans se ridiculiser, affirmer que Renaud Camus avait été trompé quant à mes intentions parfaitement honnêtes, il fallait trouver un nouvel angle d'attaque, quelque faille ushérienne par laquelle, toujours aussi discrètement, sobrement, bichement, lâcher son malodorant pet et son vomi à petits renvois précieusement déposer : avec un peu de chance, l'édifice finirait bien par s'enfoncer dans son putride marécage, non ?
Il s'est donc agi, sous la plume imprécise, tremblante et éthérée de la chlorotique Valérie Scigala, d'insinuer que j'étais moi-même un infréquentable (la preuve nous dit-elle : n'avez-vous pas écrit ceci, il y a dix années, sur le blog de M. Raoul Sursatire, cela, sur celui de Constantin Fumerolles ? De pareils propos ne peuvent que gâcher la pertinence intellectuelle de la revue que vous avez dirigée, pertinence sur laquelle je suis d'ailleurs bien incapable de souffler mot mais...), que j'aurais donc essayé, fidèle à mes habitudes pendables de Vieux de la Montagne, droguant que dis-je, hypnotisant mes collaborateurs de mon regard de prestidigitateur ou bien de ma voix de Prince, de lancer ces fanatiques sur les routes débonnaires du paisible pays gersois, à seule fin de capturer Renaud Camus, et si possible le ramener vivant au pays du Mordor... Ensuite, on se doute quel sort attendait notre prince elfique une fois tombé entre les griffes des puissances du Mal : la dévolution absolue ! La régression totale, et conduite tambour battant : l'Elfe à la langue chantante devenu gnome puant de haine voire, avec un peu de malchance pour le camp du Progrès, Troll des cavernes.

Arrêtons de plaisanter à présent et écrivons bien clairement ce qui suit.

Il est parfaitement regrettable que des écrivains aussi talentueux que Renaud Camus, absolument vitaux pour notre époque sans âme, n'aient trouvé mieux, pour défendre des ouvrages rien de moins que subtils, que d'aussi lamentables, lâches et surtout incompétents sociétaires qui se prétendent, qui osent sans rire se prétendre lecteurs, alors même qu'ils paraissent incapables de faire la différence entre une opinion (celles qu'ils aiment nous livrer à tous propos : la pluie et le beau temps fort heureusement, l'amour de Didier Goux pour les pachydermes dont il a certes le très lourd cerveau, l'incontourable politesse de Valérie Scigala disparaissant sans serrer la main de son futur rédacteur en chef se trouvant pourtant à moins d'un mètre d'elle, etc.) et une critique, celle qu'ils paraissent incapables, y compris en unissant leurs plus redoutables armes intellectuelles, quelques os rongés trouvés par terre, d'adresser à un travail qui, ma foi je n'en suis pas mécontent, aura au moins fait ce qu'ils sont bien incapables de faire : tenter de donner quelque éclairage sur les livres de Camus, sans sombrer dans le profond ridicule des raouts entre précieuses ridicules, où les baisemains ressemblent à de truandes friandises, où les mots susurrés dans les oreilles déversent de fines goutelettes de poison, où l'échange de tapes et de clins d'yeux entendus, entre happy few, remplace l'exercice critique.
Il est extraordinairement drôle que ces mêmes sociétaires ne paraissent rien savoir faire de plus que s'entregloser ridiculement, se donner du jeu de mots, de la bathmologique finesse d'esprit, de la citation camusienne compulsive, de l'effronterie grammaticale, de la hardiesse sémantique, de l'imparable lecture juxta-linéaire, du commentaire composé (pour les plus doués) grammato-loufoque et que, lorsqu'on leur pose la question toute simple consistant à savoir ce qu'ils ont eux-mêmes écrit pour défendre et illustrer les ouvrages de Renaud Camus (qu'ils ne se gênent jamais de renvoyer à ses pénates, au cas où il deviendrait trop emmerdant), un silence sépulcral, des regards gênés, dubitativo-aériens, scigalo-centrifuges, des mines décomposées suivies de rires nerveux aussi vulgaires que criards et de claques sur l'épaule subitement affaissée, recouvrent l'immonde farce de ces commentateurs lilliputiens qu'un auteur a tirés du vide d'où ils nauraient jamais eu la chance, sans sa présence, d'éclore.
Et puis, une société des lecteurs... Comme me l'a fait fort justement remarquer une amie, n'est-ce pas risquer de transformer une communauté d'âmes en une cour de snobs, d'arrivistes, de flatteurs ? Les vraies communautés sont invisibles, elles se forment à l'insu même (fort heureusement !) de certains de leurs membres, parfois solitaires, dans les lieux les plus improbables au lieu qu'une cour de récréation pour vieillards monoclés pratiquant le baisemain turgescent n'est et ne sera jamais rien d'autre que ceci : un asile pour gentils toqués militant contre la suppression des hangars, cet ennemi innombrable qui a envahi nos campagnes ! Aux armes, sociétaires !
Avant de terminer et de renvoyer ces imbéciles à leur prétentieux et vain cabinet d'illettrés et de savants perroquets s'entreléchant les plumes, je veux que mes lecteurs se fassent une assez bonne idée de la teneur de mon introduction (soucieuse de n'embrigader personne dans aucun régiment aux bottes claquant sur l'asphalte) dont je reproduis les quelques lignes évoquant Renaud Camus :
«Conservateur voire réactionnaire (en plus de la méfiance à l’égard des «forces du Progrès» s’ajoute la volonté d’en découdre et, surtout, la vision plus ou moins fantasmée d’une lointaine Origine censée nous assurer la reprise de quelque immémorial Âge d’or) mais surtout esprit religieux, cette première tentative de définition, on le remarque rapidement, est parfaitement incapable de rendre compte de l’ostracisme dont souffre l’infréquentable Renaud Camus, que j’étonnerais sans doute et peut-être même scandaliserais durablement si je lui soufflais, ex abrupto ou plutôt ex cathedra, que ses ouvrages, alors mêmes que leur auteur multiplie avec talent les formes d’écriture et les angles d’attaque, peuvent commodément trouver une place dans la catégorie elle-même sujette à discussion des «logocrates» (1), dans laquelle George Steiner enfermait prudemment Joseph de Maistre, Martin Heidegger ou encore son ami Pierre Boutang. Certes, on peut, comme j’ai tenté de le faire dans un article évoquant le superbe Rannoch Moor, rapprocher la démarche éminemment cratylienne de cet écrivain de race (tant pis pour les imbéciles que je choquerai en employant ce fort vilain mot), soucieux de ne point tenir une plume pour seulement divertir ses lecteurs, de celle d’un Boutang affirmant dans son Art poétique l’excellence de la langue française. Évidemment encore, de telles catégories conviennent encore moins à un auteur tel que Frederick Rolfe, surnommé le baron Corvo, dont la carrière littéraire aussi intense que scandaleuse n’a pu trouver dans ces pages, je le regrette, sa place. Et combien d’autres qui assurément ne peuvent être parqués, à moins que l’on ne fasse fi de la subtilité de leurs œuvres et de leurs propres réserves quant à la propreté de leur cage, dans cette catégorie paradoxale définie par Steiner, un peu trop visiblement pressé de se débarrasser de rivaux qui le fascinent ?»

Note :
(1) : George Steiner donne, comme références communes et incontournables aux auteurs qu’il qualifie de logocrates «le Cratyle, les fragments d’Héraclite et le poème de Parménide», Les Logocrates (L’Herne, 2003), p. 14.