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29/06/2005
Pierre Assouline, journaliste blessé mais magnanime

Courrier envoyé hier à l'inénarrable Pierre Assouline, le journaliste qui a passé le Verbe à la Soupline. Je fais bien sûr référence à ce qu'il n'est tout de même pas encore convenu d'apeller l'affaire Assouline, l'homme n'étant rien hormis un enchevêtrement de petits réseaux parisiens, un peu de vent en somme, certes malodorant mais... suis-je bête, car c'est bien là la presque exacte définition de ce que l'on nomme, dans le petit milieu parisien des lettres et des livres (la distinction est d'importance, croyez-moi), une affaire.
Cher monsieur.
Vous ne manquez tout de même pas de toupet. Certain internaute vous ayant fait remarquer que vous étiez souvent attaqué, par de vilains blogueurs dont je suis selon toute apparence, vous avez osé affirmer que face à vous, il n'y avait aucun contradicteur de valeur ! Je rappelle votre texte, au style reconnaissable entre tous : A Blast [l'un de vos éminents lecteurs], La violence et la haine de certains internautes relèvent d'une pathologie qui m'échappe et m'intéresse peu. D'autant que lorsqu'on est face à eux dans un débat, ils se font tout petits. Les récentes attaques que vous citez ne valent même pas d'être relevées: outre leur excès, elles sont toutes basées sur une accusation, celle d'avoir volé le titre de La république des lettres à un autre blog : or le mien s'intitule La république des livres. Trop nul, non ?
J'adore toute particulièrement cette clausule où j'ai cru discerner un miroitement de l'eau la plus rimbaldiennement pure...
Est-ce une blague cher monsieur ?
Je vous rappelle ce mien texte, qui peut-être vous rafraîchira la mémoire.
Un débat dites-vous encore cher monsieur ?
Cela tombe bien, nous n'en avons jamais eu parce que vous m'avez viré de vos commentaires, sans la moindre ligne d'explication. Bel exemple de professionnalisme sans doute et de volonté de confrontation...
Vous me faites bien rire : honnêtement, de quoi aurais-je peur, à me trouver confronté à votre seigneurie maljournalistique ? De votre culture littéraire ? Elle ne vaut pas grand chose. De votre style ? Il ferait sourire un potache de cinquième, et je passe sur votre déplorable orthographe. De quoi d'autre ? De votre talent de polémiste-né ? Je crois qu'aucune fée de ce type ne s'est penchée sur votre berceau...
Vous me faites décidément beaucoup rire et si j'étais journaliste, ce qu'à Dieu grâce je ne suis pas, j'aurais honte d'être de votre bord, je vous le dis bien sincèrement...
Je note que vous n'avez toujours pas pris position sur l'article de Livres-Hebdo... Erreur sur le titre ? Peut-être après tout, la caste des journalistes littéraires n'étant tout de même pas caractérisée par un professionalisme démesuré n'est-ce pas... Du reste, je ne crois pas qu'il y ait eu erreur, répétée sur plusieurs lignes et sans que jamais vous ne releviez la faute, car j'imagine que vous avez dû lire l'article en question, sans cela, nouvelle preuve de maljournalisme... : vous voici tout simplement gêné que nous ayons insisté pour dévoiler vos petites magouilles entre copains...
Ah ! Comme j'ai hâte, croyez-moi, que naisse à la rentrée votre american weblog, que nous nous amusions un peu...
Je me permets de vous assurer que je fais grande publicité de cette picrocholine affaire.
Cordialement, monsieur le journaliste.
Après ce courrier, la réponse donc de notre éminent critique, postée sur l'un de ses commentaires, que je ne prends pas la peine d'indiquer par un lien, de peur que mes lecteurs, allant visiter notre bienheureuse République des livres, ne soit tout d'un coup la victime d'un amollissement de sa colonne vertébrale, drôle de maladie que certains experts ont décidé de nommer sans plus de délai : assoulinite aiguë. Du reste, Marc Alpozzo ayant mené à bien la tache redoutable de commenter l'écrit, si pareille exégèse est possible, du magnanime journaliste, je ne prends pas la peine de revenir sur la pauvreté grammaticale, stylistique, littéraire et, tout simplement, intellectuelle, de Pierre Assouline.
Je m'étonne toutefois. Car enfin, si erreur, apparemment (pour l'instant, rien ne le prouve), il y a eu dans le titre donné au futur tabloïd journalistique souplinien, il suffisait de la corriger en déclarant benoîtement, comme il se doit : oui mes chers lecteurs, je rends grâce au bon (enfin, il est plutôt méchant mais passons...) Stalker et à d'autres d'avoir attiré mon attention sur une lamentable confusion dont tel article de Livres-Hebdo, organe a priori de qualité, a pu être l'origine et je présente mes excuses les plus plates à Noël Blandin, auquel le titre de République des lettres semble selon la jurisprudence française appartenir, légalement si ce n'est moralement. J'ajoute en outre que cette pitoyable erreur, qu'apparemment personne n'a vue pas même moi qui me suis pourtant relu avec l'attention dont je fais toujours preuve, n'est absolument pas le signe et encore moins la marque indélébile de la qualité et du sérieux du travail des journalistes de Livres-Hebdo.
Bon, il est vrai que Pierre Assouline, n'ayant guère l'habitude de dépasser la structure syntaxique minimale, aurait eu sans doute quelque mal à construire semblables phrases non anémiées et dépassant le corset débilitant du sujet, verbe, complément.
Ainsi, avec ces quelques mots, chacun serait donc retourné à ses préoccupations : Blandin à ses livres, Alpozzo à ses bottages de culs, Elizabeth Flory à ses revues de presse et Assouline, sans doute, à ses flatulences littéraires. Mais non, Pierre, dont la moustache impeccable rarement se frise, se fait bernard-l'hermite et pleure, il a été méchamment attaqué, rendez-vous compte, par des types qui puent la haine et les Bacchantes qui recueillent chacun de ses borborygmes comme s'il s'agissait d'une larme de Sphinx admettent tranquillement que leur bon maître a été bafoué dans son honneur de journaliste, ce qui est, pardonnez-moi puisque nous en sommes aux références mythologiques, une chose aussi rare que la contemplation d'une licorne mâchant de l'avoine. D'ailleurs, la preuve irréfutable de la qualité des lecteurs de Pierre Assouline ne nous est-elle pas apportée par telle réponse énigmatique et pleine de redoutables menaces (t'es malade connard) que m'envoya un Suisse, Thierry Kron dont on appréciera l'indéniable talent de peintre, sympathique helvète qui apparemment, le pauvre, présente quelque cousinage génétique avec notre bon journaliste républicain si l'on en juge par le tudesque bol qui cache le bas d'un visage aussi épais et peu amène que le haut, visage dont le regard, n'est-ce pas, paraît luisant d'un éclair d'intelligence que tous vous aurez remarqué je l'espère ? Dès lors, le même bon lecteur suisse n'a-t-il pas beau jeu je vous prie de déclarer, à mon endroit : dommage qu'un homme aussi cultivé soit aussi malade mental... ?
Pierre Assouline a sans doute les lecteurs que mérite sa prose ingrate, cette soupe indigeste où ne flottent qu'une multitude de fautes communes et de banalités insignes mais là n'est pas vraiment le point qui retient mon attention. En fait, je suis consterné par deux choses, deux des ingrédients qui composent l'immonde tourin me le rendent indigeste : la lâcheté périgourdine du bonhomme et la mauvaise foi tellement caractéristique du piètre journaliste que je pourrais hésiter à la nommer si, dans ce cas comme dans tant d'autres du même ressort, il n'en allait, en fin de compte, d'un habituel manque de probité intellectuelle. Le bokassien président de la République des livres, élu par aucun suffrage mais flairant la bonne affaire s'il faut en croire Livres-Hebdo, népotisant donc à tour de bras, est non seulement nu à mes yeux mais, acéphale encore, j'en aurai fini en déclarant qu'il est tout simplement perclus de trouille.



















